Une frontière numérique pour entrer au Royaume-Uni devrait être effective d’ici 2025 pour mieux contrôler qui entre dans le pays. Crédit : Picture Alliance
Une frontière numérique pour entrer au Royaume-Uni devrait être effective d’ici 2025 pour mieux contrôler qui entre dans le pays. Crédit : Picture Alliance

D'ici 2025, pour entrer au Royaume-Uni, il sera obligatoire de remplir une autorisation de voyage en ligne, à la manière du formulaire américain ESTA. Parmi les critères qui ont motivé la mesure : "empêcher de graves criminels étrangers de pénétrer au Royaume-Uni", a annoncé la ministre britannique de l’Intérieur.

Bientôt une frontière 100% numérique au Royaume-Uni. Voici l’ultime proposition dévoilée lundi 24 mai par la ministre britannique de l’Intérieur Priti Patel. Toute personne venant au Royaume-Uni sans visa ou statut d'immigration devra remplir obligatoirement une autorisation de voyage à faire en ligne (ETA), sur le modèle américain de l’ESTA. Le Bureau de l’Intérieur, chargé de la sécurité et de l’immigration dans le pays, s’attend à environ 30 millions de demandes ETA chaque année.

La frontière numérique, qui devrait être entièrement effective d’ici 2025, doit opérer une entière mise à jour des données relatives à l’immigration, jugées obsolètes ou erronées par les autorités.

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Mais l’objectif principal de la mesure est d'abord de "compter les personnes à l'intérieur et à l'extérieur du pays" et de "contrôler qui vient au Royaume-Uni", a déclaré Priti Patel. Ce nouveau système permettra également d'effectuer des contrôles de sécurité automatisés et en amont des arrivées dans le but "d'empêcher de graves criminels étrangers de pénétrer au Royaume-Uni", a-t-elle ajouté.

"La crédibilité mondiale" du Royaume-Uni remise en question

La proposition confirme le tournant sécuritaire opéré par la ministre, en charge de la stratégie d’immigration post-Brexit. En mars, elle avait présenté à la Chambre des communes une réforme du système d'asile qui n’accordait plus les mêmes droits aux personnes entrées légalement ou illégalement dans le pays.

Les migrants entrés illégalement en Angleterre et dont la demande d'asile aboutit recevront par exemple un nouveau statut de protection temporaire, et non plus un droit automatique à l'installation. Les demandeurs d'asile pourraient également être maintenus dans un pays étranger en attendant le traitement de leur dossier.

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Des mesures très critiquées par de nombreuses organisations dont l’ONU, qui estime que la réforme met en danger la "crédibilité mondiale" de la Grande-Bretagne. Les pays de l'Union européenne, eux, ont déjà déclaré qu'ils ne concluraient pas d'accords bilatéraux pour faciliter l'expulsion des réfugiés du Royaume-Uni.


Si Pitri Patel conçoit que sa réforme peut être considérée comme ferme, elle avance qu’elle "sauvera aussi des vies". Et pour défendre sa politique, la ministre met aussi régulièrement en avant la lutte contre les passeurs. Mercredi, elle a accompagné la police lors de l'arrestation des meneurs présumés d'un gang de passeurs de clandestins, qui utilisait des chauffeurs de taxis et de camions pour faire entrer et sortir des migrants du pays.

 

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