Des centaines de mineurs sont arrivés à Ceuta la semaine dernière. Crédit : Reuters
Des centaines de mineurs sont arrivés à Ceuta la semaine dernière. Crédit : Reuters

La ministre espagnole des Droits sociaux a annoncé mardi qu'environ 200 mineurs seront transférés prochainement de Ceuta vers diverses régions d'Espagne continentale, pour laisser de la place aux nouveaux arrivants. Ces jeunes étaient déjà présents dans l'enclave espagnole avant l'arrivée exceptionnelle de 10 000 migrants la semaine dernière. Selon les autorités, quelque 800 mineurs marocains se trouvent encore à Ceuta.

C'était une demande des autorités locales de Ceuta, dépassées par l'arrivée exceptionnelle de 10 000 migrants dans l'enclave la semaine dernière. La ministre espagnole des Droits sociaux, Ione Belarra, a annoncé mardi 25 mai qu'environ 200 mineurs non-accompagnés seront répartis dans diverses régions d'Espagne continentale. "De cette manière, nous facilitons la prise en charge de ceux qui viennent d'arriver et de ceux qui sont avec nous depuis longtemps", a tweeté la responsable politique.

Ces jeunes étaient déjà présents dans l'enclave espagnole de 19 km2 avant la crise de la semaine dernière. La plupart ont été renvoyés au Maroc mais environ 800 mineurs marocains se trouvent encore à Ceuta, selon les autorités.

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Ces jeunes ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays sans que leur situation ne soit évaluée au cas par cas par les autorités locales. Les associations craignent cependant que certains mineurs soient refoulés sans bénéficier des protections prévues par la loi.

La plupart des jeunes veulent rentrer au Maroc, selon les autorités

Ione Belarra a de son côté précisé que la plupart de ces mineurs voulaient rentrer dans leur pays. "Beaucoup ont été trompés en pensant qu'ils venaient pour un voyage d'agrément", a déclaré la ministre.

La priorité de la ville est désormais de retrouver les parents. Elle a donc ouvert une ligne téléphonique, qui a reçu "plus de "4 400 appels" en 24 heures, a indiqué vendredi à la presse María Isabel Deu, l'une des membres du gouvernement de Ceuta.

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"Nos équipes travaillent sans relâche pour trouver les familles et assurer le retour immédiat de l'enfant, parce que c'est ce que les parents et les enfants veulent", a-t-elle ajouté. "Beaucoup pleurent et veulent rentrer chez eux depuis leur arrivée."

Avant la semaine dernière, le seul centre de Ceuta pour les jeunes migrants avait atteint sa capacité d'accueil maximale, obligeant les autorités locales à mettre en place des installations pour loger les nouveaux arrivants. Des images de la chaîne publique RTVE ont montré des rangées de jeunes enfants assis sur des sols en béton dans l'un de ces centres.

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Mais beaucoup d'autres, sans doute des centaines, errent dans les rues de l'enclave, dormant dans des parcs ou sur des bancs de la ville. La quasi-totalité n'ont pas d'argent et ne parlent pas un mot d'espagnol.

Parfois, le désespoir l'emporte. Un jeune migrant, dont l'âge n'est pas connu, a ainsi tenté vendredi de se pendre avec un câble métallique sur la promenade de Ceuta. Il a été ranimé d'extrême justesse par la police, alertée par un passant.

 

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