Environ 300 migrants ont passé la nuit dans le jardin Villemin, à Paris. Crédit : Utopia 56
Environ 300 migrants ont passé la nuit dans le jardin Villemin, à Paris. Crédit : Utopia 56

Environ 300 migrants ont dormi cette nuit dans le jardin Villemin, dans le 10e arrondissement de la capitale, pour réclamer leur prise en charge par les autorités. Le collectif Réquisitions, à l'origine de cette installation, a promis d'occuper les lieux "tant qu’aucune solution ne sera proposée" aux exilés vivant à la rue.

Le collectif Réquisitions maintient la pression. Avec l'aide de l'organisation, qui regroupe plusieurs associations dont le Droit au logement (DAL) et Utopia 56, environ 300 migrants occupent depuis dimanche 30 avril le jardin Villemin, dans le 10e arrondissement de Paris.

Ces exilés, vivant dans les rues de la capitale ou dans des squats, réclament une mise à l'abri par les autorités.

470 personnes pris en charge par les autorités

Cette sixième occupation de l'espace parisien en quelques mois a débuté quelques heures plus tôt, dimanche après-midi, sur la place de la République, au cœur de Paris, après une manifestation d'un millier de personnes pour le droit au logement. La préfecture, avertie par ce rassemblement, avait acheminé des bus pour prendre en charge les migrants à la rue. 

Les autorités "ont procédé à la mise à l'abri de 470 personnes", dont "234 femmes isolées ou en famille", a indiqué la préfecture d'Ile-de-France dans un communiqué.

Cette opération a été émaillée de violences, selon les associations et les journalistes présents. La police a fait usage de gaz lacrymogène et de coups de matraque pour disperser la foule, inquiète de ne pas pouvoir monter dans les bus.

700 migrants laissés à la rue

Une crainte légitime puisque une nouvelle fois, le dispositif de l'État s'est avéré insuffisant. "Environ 700 exilés n'ont pas pu bénéficier d'un hébergement d'urgence hier soir (dimanche)", précise à InfoMigrants Yann Manzi, fondateur d'Utopia 56. La moitié d'entre eux ont finalement rejoint leur campement du nord parisien ou leur "logement alternatif", comme des squats. Une centaine de personnes en famille ont été placées dans le réseau citoyen des associations.

Le reste s'est installé vers 20h30 dans le jardin Villemin pour y passer la nuit.

Parmi ces 300 exilés, la plupart sont originaires d'Afghanistan et d'Afrique de l'Est. "Certains sont à Paris depuis quelques semaines seulement et n'arrivent pas à se faire enregistrer auprès de la plateforme de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration). D'autres dont le 'Dublin' vient de prendre fin ont le même problème, et d'autres encore sont des réfugiés statutaires", détaille Yann Manzi.

Les humanitaires, qui dorment sur place aux côtés des migrants, ont promis d'occuper le jardin "tant qu’aucune solution ne sera proposée". "Des bénévoles des différentes associations vont se relayer pour accompagner l’organisation du campement", prévient Utopia 56 dans un communiqué.

Depuis janvier, le Collectif Réquisitions a investi six lieux de la capitale, dont l'école maternelle désaffectée du 16e arrondissement ou le gymnase Japy dans le 11e arrondissement, permettant à plus de 2 100 migrants d'accéder à un hébergement. Le 12 mai, le collectif avait organisé une manifestation similaire place de la République. Bien que 708 personnes avaient été prises en charge, une centaine de migrants avaient été laissés à la rue. À l'issue de cette journée, le collectif avait prévenu qu'il lancerait de nouvelles actions.

 

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