Un canot de migrants dans la Manche. Crédit : @premarmanche
Un canot de migrants dans la Manche. Crédit : @premarmanche

L’enfant, nommé Artin, était un kurde iranien. Il était porté disparu depuis le 27 octobre. Ce jour-là, sa famille avait tenté de traverser la Manche depuis la France pour rejoindre le Royaume-Uni. Ses parents, son frère et sa sœur avaient également péri pendant le naufrage de leur embarcation.

La police norvégienne a déclaré, lundi 7 juin, avoir identifié le corps d'un bébé retrouvé le jour du Nouvel an, sur la côte sud-ouest du pays, près de Karmoy. Il s’agit du bébé de 15 mois qui avait disparu dans la Manche le 27 octobre 2020. Ce jour-là, une famille, kurde iranienne, composée de 5 personnes, avait tenté la traversée de la mer depuis la France pour aller au Royaume-Uni.

Tous avaient péri dans le naufrage de leur embarcation. Rasoul Iran-Nejad, 35 ans, son épouse, Shiva Mohammad Panahi, 35 ans, Anita, neuf ans et Armin, six ans.

Des proches de la famille attendaient depuis des nouvelles de Artin. Quinze personnes avaient été secourues lors de ce naufrage. Selon les rescapés, 22 personnes avaient pris place dans l’embarcation.


"Les vêtements indiquaient que le bébé n'était pas de Norvège"

"Nous n'avons pas signalé de bébé disparu en Norvège, et aucune famille n'avait contacté la police", a déclaré à la BBC Camilla Tjelle Waage, responsable des enquêtes policières.

Les vêtements du bébé retrouvé avaient été analysés. "La combinaison bleue [que l’enfant portait] n'était pas non plus une marque norvégienne [et] cela indiquait que le bébé n'était pas de Norvège", a-t-elle ajouté.

Un profil ADN avait ensuite été obtenu. "Des professionnels qualifiés du département des sciences médico-légales de l'hôpital universitaire d'Oslo ont réussi à récupérer des profils ADN correspondants", indique le communiqué de la police.

La famille était originaire de la ville de Sardasht, dans l'ouest de l'Iran, près de la frontière avec l'Irak. Artin, 15 mois, était "un bébé très heureux", selon son oncle interrogé à l'époque du drame par la BBC. "Notre famille ici est désespérée. Mon père, ma mère et mes sœurs pleurent toutes leurs larmes". 

Les traversées de la Manche sont particulièrement dangereuses malgré la courte distance entre la côte française et anglaise (environ 30 km).

"On pourrait penser que franchir les 29 km qui séparent la France de l’Angleterre est facile mais c’est un parcours semé de pièges", expliquait à InfoMigrants Bernard Barron, le président de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) à Calais. "Il faut faire face à la densité du trafic, aux courants terribles, aux vents violents, aux hauts fonds […] Il y a 600 cargos qui traversent la Manche chaque jour, la plupart sont des mastodontes, des porte-containers, c’est de la folie de s'y aventurer dans de petits canots, pendant la nuit".

 

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