REUTERS/Alkis Konstantinidis | Des réfugiés et des migrants du camp détruit de Moria installés  dans un camp temporaire, sur l'île de Lesbos, Grèce, le 16 septembre 2020.
REUTERS/Alkis Konstantinidis | Des réfugiés et des migrants du camp détruit de Moria installés dans un camp temporaire, sur l'île de Lesbos, Grèce, le 16 septembre 2020.

Le ministère turc des Migrations a annoncé lundi que la Turquie était désormais considéré comme un pays tiers sûr pour les demandeurs d'asile originaires de Syrie, d'Afghanistan, du Pakistan, du Bangladesh et de Somalie. Les personnes originaires de ces pays pourraient donc être renvoyées du sol grec vers la Turquie.

C’est une nouvelle qui risque d’avoir de graves conséquences pour les demandeurs d’asile syriens, afghans, pakistanais, bangladais et somaliens en Grèce. Athènes a annoncé lundi 7 juin que la Turquie était désormais considéré comme un pays tiers sûr pour les personnes des nationalités précédemment citées.

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"Tenant compte de la récente recommandation du Service d'asile et de toutes les informations à jour sur la situation actuelle en Turquie concernant les conditions de vie et les droits de l'homme de certaines catégories de demandeurs de protection internationale, la décision ministérielle conjointe reconnaît que la Turquie satisfait à toutes les ces conditions pour l'examen des demandes de protection internationale des demandeurs originaires de Syrie, d'Afghanistan, du Pakistan, du Bangladesh et de Somalie. Il a été démontré qu'ils ne risquent pas d’être menacés par [la Turquie] en raison de leur race, de leur religion ou leur nationalité", a indiqué le ministère des Migrations dans un communiqué publié sur son site.

"La désignation de la Turquie comme pays tiers sûr est une étape importante dans la lutte contre les flux migratoires illégaux et l'activité criminelle des réseaux de passeurs", a déclaré le ministre grec des Migrations Notis Mitarakis sur son compte Twitter.

"Il s'agit d'une nouvelle étape dans la mise en œuvre intégrale et sans faille de la déclaration conjointe UE-Turquie, qui oblige [Ankara] à empêcher le fonctionnement des réseaux de passeurs et le passage vers la Grèce", ajoute-t-il.

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Selon les informations obtenues par la correspondante du journal allemand Bild, les demandes d’asile des nouveaux arrivants originaires de Syrie, Afghanistan, Pakistan, Bangladesh et Somalie "seront rejetés dans un délai de quelques jours" et les personnes seront renvoyées en Turquie.

Des observateurs ont déjà réagi en soulignant que cette décision risquait de faire baisser significativement le taux de protection accordée aux demandeurs d’asile originaires de ces pays.

L'ONG de défense des droits des demandeurs d'asile Refugee support aegean (RSA) a réagi à la déclaration grecque lundi, rappelant que le seul autre pays européen considérant la Turquie comme un pays tiers sûr était la Hongrie - un pays plusieurs fois mis en cause pour ne pas avoir respecter les droits des demandeurs d'asile.


 

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