Le navire Geo Barents a porté secours à 410 personnes au cours de 7 opérations entre le 10 et le 12 juin 2021. Crédit : MSF
Le navire Geo Barents a porté secours à 410 personnes au cours de 7 opérations entre le 10 et le 12 juin 2021. Crédit : MSF

Le navire humanitaire de MSF a porté secours à 410 personnes, dont 12 femmes et 99 mineurs, au cours de sept opérations menées entre jeudi et samedi. Le bateau est désormais à la recherche d'un port sûr pour débarquer les rescapés.

Le navire humanitaire de Médecins sans frontières (MSF) est à la recherche d'un port sûr après avoir enchaîné plusieurs opérations de sauvetage ces derniers jours en Méditerranée. Entre jeudi 10 juin et samedi 12 juin, le bateau a porté assistance à 410 migrants.

Les derniers sauvetages remontent à samedi quand le Geo Barents a mené quatre opérations consécutives portant secours à 266 personnes au large des eaux maltaises. Selon MSF, les autorités du pays n'ont pas voulu prêter main forte à l'ONG au cours des opérations et a refusé d'accueillir les rescapés sur leur sol.

"Sauvetages non-stop"

Auparavant, dans les journées de jeudi et vendredi, le Geo Barents avait secouru 144 migrants en détresse en mer, dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) au large de la Libye.

"Les équipes ont procédé à des sauvetages non-stop. Elles n'ont pas dormi pendant 48h", explique une chargée de communication de MSF à InfoMigrants. "Il y a un nombre exceptionnel de personnes à bord, ce qui montre la gravité de la situation en Méditerranée centrale".

En tout, ce sont donc 410 rescapés qui se trouvent à bord du navire humanitaire : 299 hommes, 12 femmes dont une enceinte, et 99 mineurs dont 91 non-accompagnés. La majorité des rescapés ont déclaré être Syriens, on compte aussi des Ethiopiens, des Bangladais, des Erythréens et plusieurs autres nationalités.

A la date du 14 juin, le Geo Barents cherchait toujours un port de débarquement. "Nous avons contacté les autorités maritimes compétentes [...] Vingt-quatre heures de ping-pong bureaucratique et toujours pas de solution", a twitté l'ONG dimanche 13 juin.

Intimidation des garde-côtes libyens

Présent depuis le 31 mai au large de la Libye, le navire de MSF a également subi le harcèlement des autorités maritimes libyennes. Ces dernières auraient "intimidé verbalement" et "menacé par radio" l'équipage.

Le navire a notamment été témoin de plusieurs interceptions par les garde-côtes libyens. "À 8h30 ce matin [du 1er juin], le Geo Barents a vu un navire des garde-côtes libyens intercepter un canot pneumatique au large de Zouara", avait tweeté MSF. La veille, l'équipage avait "repéré deux patrouilleurs libyens (...) remplis de personnes sans gilet de sauvetage".

Selon MSF, plus de 650 personnes sont mortes sur la route maritime de Méditerranée centrale, la plus meurtrière au monde.

Alors que la quasi-totalité des navires humanitaires venant en aide aux migrants en Méditerranée sont bloqués par l'Italie dans des ports du pays pour des "irrégularités", le Geo Barents est le seul qui sillonne actuellement la SAR zone.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio….) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

 

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