Un migrant caché dans une minuscule espace dans une camionnette de Arman Yusuf Rahmani. Crédit : Home office (ministère de l'Intérieur britannique)
Un migrant caché dans une minuscule espace dans une camionnette de Arman Yusuf Rahmani. Crédit : Home office (ministère de l'Intérieur britannique)

Un Iranien, qui avait obtenu le statut de réfugié au Royaume-Uni il y a deux ans, a été condamné à 2 ans et 7 mois de prison après avoir tenté de faire entrer clandestinement des migrants au Royaume-Uni. Les victimes étaient cachées dans des canapés à l'arrière de camionnettes de location.

Un Iranien de 21 ans, réfugié au Royaume-Uni, a été condamné à 2 ans et 7 mois de prison pour avoir tenté de faire entrer illégalement des migrants dans le pays, annoncé le Home Office dans un communiqué le 14 juin.

Arman Yusuf Rahmani, qui réside à Oldham, en banlieue de Manchester, avait mis en place un réseau criminel bien ficelé. Il avait embauché six chauffeurs entre décembre 2018 et avril 2019 pour faire venir des meubles et du mobilier d’occasion depuis la France et la Belgique jusqu’en Angleterre.

Lors du chargement, les migrants étaient cachés dans des canapés et dans des meubles, des espaces souvent minuscules.


Cet homme a été découvert sous l'armature d'un canapé dans une camionnette. Crédit : Home Office
Cet homme a été découvert sous l'armature d'un canapé dans une camionnette. Crédit : Home Office


Les instructions étaient claires : les chauffeurs engagés ne devaient pas assister au chargement des camions. Selon le tribunal, ils n’étaient donc pas au courant que des migrants étaient cachés à l’intérieur du mobilier.

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Les migrants qui ont été découverts lors d’un contrôle à la frontière ont déclaré être Irakiens et avoir moins de 18 ans.

Procédé inhumain

Pour la justice, le procédé est inhumain : les photographies des cachettes ont montré qu’aucun appel à l’aide n’aurait pu être entendu en cas de problèmes ou d’asphyxie.

La classe politique a réagi à la condamnation du jeune Iranien. Le ministre de l'Immigration, Chris Philip, a déclaré que Arman Yusuf Rahmani avait fait preuve d'un "mépris flagrant" pour le pays "qui lui a fourni la sécurité et un endroit où vivre".

Il a ajouté que l'affaire montrait "jusqu'où les criminels [pouvaient] aller pour tirer profit du système d'asile [britannique] défaillant et mettre la vie des gens en danger".

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a également souligné qu'Arman Yusuf Rahmani n’avait "aucun égard pour le bien-être des personnes qui l’ont payé pour être caché".

L'accusé probablement expulsé à l'issue de sa peine

Katie Brown, enquêteur des enquêtes criminelles et financières (CFI), a déclaré de son côté que la condamnation d'aujourd'hui était "le résultat d'une excellente enquête […] Les passeurs ne sont motivés que par l'argent et ne se soucient pas de la sécurité de ceux qu'ils exploitent.", a-t-elle ajouté.

Arman Yusuf Rahmani perdra son statut de réfugié et sera sans doute expulsé du sol britannique à l’issue de sa peine.

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Il avait obtenu l’asile deux ans auparavant après avoir lui-même réussi à entrer dans le pays caché dans une camionnette. 

Depuis de nombreuses années, les autorités européennes arrêtent des camions à la frontière franco-britannique dans lesquels sont cachés des migrants, parfois, dans des conditions dramatiques.

Le pays reste traumatisé par la découverte d'un camion charnier en octobre 2019. Trente-neuf migrants vietnamiens étaient morts d'asphyxie dans un véhicule frigorifique. Ce drame avait mis en lumière les dangers de l'immigration clandestine, avec des trafiquants sans scrupule qui profitent de la vulnérabilité des candidats à l'exil.

 

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