Plus de 10 000 migrants ont débarqué à Ceuta le 17 et 18 mai 2021. Crédit : Reuters
Plus de 10 000 migrants ont débarqué à Ceuta le 17 et 18 mai 2021. Crédit : Reuters

Un mois après l'arrivée exceptionnelle de 10 000 migrants à Ceuta, près de 3 000 personnes en situation irrégulière se trouvent toujours dans l'enclave espagnole au Maroc "dans une précarité absolue". Les autorités de ce territoire européen enclavé en Afrique s'inquiètent de la "sécurité" de leurs concitoyens et évoquent une "urgence humanitaire".

Un mois après la vague migratoire inédite de plus de 10 000 migrants entrant dans l'enclave espagnole de Ceuta, 3 000 personnes "en situation irrégulière" sont encore sur place, ont indiqué jeudi 17 juin les autorités locales.

"Nous estimons que 3 000 personnes, adultes et mineures, sont restées à Ceuta sur les 12 000 entrées de façon irrégulière dans notre ville les 17 et 18 mai", a déclaré Juan Vivas, chef du gouvernement local de Ceuta lors d'une conférence de presse.

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"Agir au plus vite"

"Ces 3 000 personnes se trouvent pour une grande partie d'entre elles dans une situation de précarité absolue", a déploré Juan Vivas, en dénonçant une situation "insoutenable pour la ville, et qui de surcroît s'aggrave de jour en jour". Les autorités espagnoles s’inquiètent de la "tranquillité et de la sécurité" de ses concitoyens, et parlent aussi "d’urgence humanitaire".

Juan Vivas a exhorté le gouvernement central à agir "au plus vite" afin "que les dommages causés par cet afflux exceptionnel ne soient pas irréparables".

Selon France 24, une véritable chaîne de solidarité s'est mise en place sur les hauteurs de la ville de Ceuta, dans un quartier défavorisé. Plusieurs centaines de migrants sont, chaque jour, aidés par la population locale pour se nourrir, prendre une douche ou encore récupérer des vêtements propres.

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La préfecture de Ceuta a rappelé que les migrants entrés dans l’enclave de moins de 15 km sont quasi-exclusivement des Marocains. La majorité de ces migrants a été refoulée très rapidement.

Encore 830 mineurs présents dans l'enclave

Selon Juan Vivas, 830 mineurs sont toujours présents dans l’enclave. Ces jeunes ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays sans que leur situation ne soit évaluée au cas par cas par les autorités locales. Les associations craignent cependant que certains mineurs soient refoulés sans bénéficier des protections prévues par la loi.

La ministre espagnole des Droits sociaux, Ione Belarra, avait annoncé mardi 25 mai qu'environ 200 mineurs non-accompagnés avaient été répartis dans diverses régions d'Espagne continentale

Selon Madrid, il y a eu au total 1 500 mineurs arrivés dans l'enclave, tandis que l'ONG de défense des droits humains Amnesty International a, elle, avancé le nombre de 2 000.

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À l'époque de l'arrivée massive, les autorités de Ceuta avaient accusé le Maroc d'avoir manipulé les migrants pour les encourager à franchir la frontière afin d'exercer une pression sur Madrid dans le contexte de la crise diplomatique entre les deux pays. La raison : la présence sur le territoire espagnol de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

Le conflit au Sahara occidental, ancienne colonie espagnole classée "territoire non autonome" par les Nations unies, en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis plus de 45 ans le Maroc au Polisario, soutenu par l'Algérie.

 

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