Les mineurs non-accompagnés font face à de nombreux obstacles pour accéder à la vaccination. Crédit : Reuters
Les mineurs non-accompagnés font face à de nombreux obstacles pour accéder à la vaccination. Crédit : Reuters

Alors que les jeunes âgés de 12 à 17 ans peuvent désormais se faire vacciner contre le Covid-19 en France, les jeunes migrants en attente de la reconnaissance de leur minorité sont, pour le moment, exclus de la campagne de vaccination. L'absence de représentant légal, nécessaire pour vacciner les mineurs, complique leur accès au vaccin.

Depuis le 15 juin, en France, la vaccination contre le Covid-19 est ouverte à tous les jeunes âgés de 12 à 17 ans, sur présentation d'une autorisation parentale. Mais pour les mineurs non-accompagnés (MNA) en recours, l'accès à la vaccination fait face à de nombreux obstacles.

Ces jeunes non-reconnus mineurs par les départements doivent attendre plusieurs mois la décision d'un juge des enfants qui statuera sur leur âge. Pendant cette période, ils ne sont considérés ni comme mineurs, ni comme majeurs, et ne sont pas pris en charge par les autorités. De fait, ils se retrouvent exclus de la campagne de vaccination.

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"Pour ceux reconnus comme mineurs, la question ne se pose pas. Ils sont pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (ASE) qui fait office de représentant légal" lors des rendez-vous médicaux, explique à InfoMigrants Camille Boittiaux, référente MNA chez Médecins du monde (MdM). En revanche, "pour les mineurs en recours, c'est plus compliqué", en raison de l'absence d'un référent désigné. "L'autorisation parentale ne doit pas être un obstacle au vaccin. Ce qui doit primer est le consentement libre et éclairé du jeune, notamment via l’accès à l’interprétariat professionnel. Sinon on va exclure tous les MNA", prévient-elle.

"Les autorités doivent prendre leur responsabilité"

Une fois cet obstacle dépassé, d'autres vont se dresser pour ces jeunes. En premier lieu, la fracture numérique. Nombre de rendez-vous vaccinaux doivent être réservés sur le web. Or les mineurs isolés étrangers ont un accès fortement limité à internet, rendant difficile la recherche d'un créneau disponible.

Les ONG vont-elles devoir prendre en charge la vaccination de cette population ? Médecins sans frontières (MSF), qui depuis quelques semaines vaccine les personnes en errance, dont la plupart sont des migrants majeurs, a, d'ores et déjà, mis son veto. Pour Corinne Torre, cheffe de la mission France de l'ONG médicale jointe par InfoMigrants, "c'est aux autorités de se saisir de ce sujet, de prendre leur responsabilité et de vacciner eux-mêmes ces mineurs".

Contactée par InfoMigrants, la Direction générale de la santé (DGS) n'a pas répondu à nos sollicitations.

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Les obstacles à la vaccination des MNA en recours met en lumière les problématiques d'accès aux soins en général auxquelles ces jeunes sont confrontés au quotidien.

"Du fait de leur âge, de leur statut, de leur situation d’isolement et de précarité, ces jeunes cumulent des facteurs de vulnérabilité faisant obstacle à leur accès à la santé, aux soins et aux droits", écrit dans un communiqué MdM, qui réclame un "égal accès aux soins pour tous". "Maintenant que les mineurs en France ont accès à la vaccination contre le Covid, les MNA doivent pouvoir en bénéficier, s’ils le souhaitent, au même titre que les autres mineurs", insiste Camille Boittiaux.

 

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