Injection du vaccin Johnson & Johnson dans le camp de migrants de Mavrovouni sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 3 juin 2021. Crédits : Reuters
Injection du vaccin Johnson & Johnson dans le camp de migrants de Mavrovouni sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 3 juin 2021. Crédits : Reuters

La préfecture du Pas-de-Calais lance un programme de vaccination pour les "populations précaires", dont font partie les migrants. Mais face aux expulsions à répétition des campements aléatoires à Calais, la tâche pourrait s'avérer compliquée.

Les migrants présents à Calais bientôt vaccinés contre le coronavirus. D'après la préfecture du Pas-de-Calais, les exilés pourront en effet bénéficier d’un vaccin "courant juillet", dans le cadre d’un "programme de vaccination" à destination "des populations précaires", précise La Voix du Nord.

L’institution n’a en revanche pas donné plus de détails quant à la manière dont elle compte s’y prendre pour proposer des injections aux migrants de Calais qui, d’après les associations sur place, seraient près de 1 500.

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Si depuis janvier, plus d’un million d’injections ont été réalisées dans le département, vacciner les populations migrantes pourrait bien s'avérer complexe. Car la destruction de leurs lieux de vie et la saisie quotidienne de leurs affaires disséminent les exilés, et privent les personnels de santé et les associations d’un point de rencontre fixe.

Un accès aux soins "insuffisant et inadapté"

Une politique de la "non fixation" qui aggrave une situation déjà critique. En février, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) affirmait déjà que l’accès des personnes exilées aux services essentiels était "insuffisant ou inadapté, en particulier en ce qui concerne l’effectivité des accès à l’eau et à la nourriture, à l’hygiène, à la santé", peut-on lire dans un rapport sur "les conditions de vie des migrants à Calais et Grande-Synthe".

La Haute autorité de santé (HAS) avait d’ailleurs, dès novembre, classé les quelque 300 000 à 600 000 sans-papiers de France parmi ses cibles prioritaires.

Et pour cause : selon le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC), durant la première vague de la pandémie en Europe, les migrants ont été plus exposés à l’infection respiratoire que la population générale. "En Italie et en Espagne, des études suggèrent que les migrants sont plus susceptibles d’être hospitalisés que les nationaux", rapporte l'ECDC.

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Au Danemark, en Norvège et en Suède la proportion de migrants infectés par le Covid-19 a été très élevé, compte tenu de leur nombre dans la population totale. Ils ont représenté 42% des cas en Norvège (au 27 avril 2020), 26% au Danemark (au 7 septembre 2020) et 32 % en Suède (au 7 mai 2020).

 

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