Un migrant accompagné d'un agent britannique à Douvres, après avoir traversé la Manche. Crédit : Picture alliance
Un migrant accompagné d'un agent britannique à Douvres, après avoir traversé la Manche. Crédit : Picture alliance

Un juge britannique a décidé, mardi, d'aller dans le sens du ministère de l'Intérieur et d'annuler la décision d'hébergement obligatoire des demandeurs d'asile déboutés pendant la pandémie de Covid. Des milliers de personnes sont ainsi menacées de se retrouver à la rue.

Un juge a annulé, mardi 22 juin, une décision selon laquelle les demandeurs d'asile déboutés, sans ressources, devaient être hébergés jusqu'à ce que toutes les restrictions liées au Covid soient levées. 

En décidant de ne plus protéger ce public vulnérable, le juge Chamberlain menace des milliers de personnes de sans-abrisme.

Selon le Guardian, au moins 1 000 personnes déboutées du droit d’asile sont concernés par la décision et risquent désormais de se retrouver à la rue. Pour le juge Chamberlain, le ministère de l'Intérieur n'enfreindrait pas les droits de l'Homme si aucun logement ne leur était fourni.

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Une décision approuvée par les autorités britanniques. "Nous nous félicitons de la décision du juge", a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur. "Tout au long de la pandémie, un grand nombre de demandeurs d'asile déboutés ont bénéficié d'un logement et d'une aide financière aux frais du contribuable. Il est juste qu'à mesure que les restrictions s'assouplissent, ils rentrent chez eux s'ils le peuvent, plutôt que de demander un logement aux frais de l'État."

Au mois d’avril, les autorités du pays avaient décrété qu'il était temps de reprendre les expulsions des demandeurs d'asile déboutés, gelées jusque-là en raison de la pandémie. 

Steve Valdez-Symonds, directeur chargé des réfugiés et des migrants à Amnesty International UK, avait déploré la "cruauté" de cette mesure. "Le Home Office ne devrait pas créer des sans-abris (…)", plaidait-il.

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Un mois plus tard, les autorités de santé du Royaume-Uni allaient dans le sens contraire : selon le "Public Health England" (PHE), organisme dépendant du ministère de la Santé et qui joue un rôle consultatif important auprès du gouvernement, "personne ne devrait être autorisé à devenir sans-abri du point de vue de la santé publique". Le ministère de l'Intérieur avait reçu l'ordre de continuer à héberger des demandeurs d'asile jusqu'à ce que l'étape 4 de la feuille de route soit atteinte.

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Cependant, les expulsions ne seront pas immédiates car le juge Chamberlain a renvoyé l'affaire au tribunal de l'immigration pour réexamen.

Au total, environ 60 000 demandeurs d'asile seraient aidés par le Home Office.

 

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