Des migrants en mer Méditerranée, secourus par le navire humanitaire de MSF, le Geo Barents (illustration). Crédit : MSF
Des migrants en mer Méditerranée, secourus par le navire humanitaire de MSF, le Geo Barents (illustration). Crédit : MSF

La Tunisie a secouru, jeudi, 267 migrants, pour la plupart originaires du Bangladesh, qui avaient quitté la Libye voisine quelques jours plus tôt, dans l'espoir de rejoindre l'Europe. Depuis janvier, plus de 1 000 personnes parties des côtes libyennes ont été récupérées en mer par la marine tunisienne.

La marine tunisienne a porté assistance, jeudi 24 juin, à 267 migrants en détresse en Méditerranée. Originaires pour la plupart du Bangladesh, ils avaient pris la mer depuis la ville libyenne de Zouara, quelques jours plus tôt, pour rejoindre les côtes européennes. L'embarcation en difficulté avait subi une avarie, a indiqué à l'AFP la Garde maritime tunisienne.

Les naufragés ont été ramenés au port de Ben Guerdane, dans le sud de la Tunisie, à la frontière avec la Libye, où ils ont été pris en charge par le Croissant-Rouge et l'Organisation internationale des migrations (OIM). Ils ont ensuite été placés en quarantaine dans un hôtel spécialement réservé de l'île touristique de Djerba, a précisé l'agence onusienne.

Le dirigeant du Croissant-Rouge, Mongi Slim, a alerté sur la situation dans les foyers d'hébergement du sud de la Tunisie qui ont atteint leur capacité d'accueil. Dans les centres surpeuplés de Zarzis des tensions ont été observées en raison des "mauvaises conditions de vie", signale à InfoMigrants Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).

"La Tunisie manque d'infrastructures adéquates pour accueillir les migrants et leur fournir des services de base. Les autorités tunisiennes et européennes portent conjointement la responsabilité des souffrances des migrants débarqués dans le pays", poursuit le militant.

Plus de 1 000 migrants secourus par la Tunisie depuis le début de l'année

La Tunisie porte régulièrement secours à des migrants partis de Libye voisine et ayant fait naufrage en Méditerranée centrale, l'une des routes migratoires les plus meurtrières selon les Nations unies. Entre le 1er janvier et le 31 mai 2021, l'ONU a décompté au moins 760 morts en Méditerranée. Depuis le début de l'année, plus de 1 000 personnes parties des côtes libyennes ont ainsi été récupérées en mer par la marine tunisienne.

>> À (re)lire : Tunisie : un nouveau cimetière de migrants "Jardin d’Afrique" inauguré à Zarzis

Ce chiffre s'explique par des départs de plus en plus nombreux depuis les côtes libyennes. Environ 11 000 départs ont été dénombrés entre janvier et avril 2021, soit 73% de plus qu'à la même période l'an passé. En cause : la "détérioration" de la situation pour les étrangers dans le pays qui tente de s'extraire d'une décennie de conflits, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

Les départs et tentatives de départ depuis la Tunisie connaissent, eux aussi, une augmentation. En mars, Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), expliquait déjà à InfoMigrants que ce phénomène était provoqué notamment par la récente vague de protestations politiques dans le pays et par l'impact du Covid.

 

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