Vue sur les montagnes depuis la ville de Briançon. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants
Vue sur les montagnes depuis la ville de Briançon. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Le parquet de Gap a ouvert une enquête, vendredi, pour "disparition inquiétante" après plus de 48 heures de recherches infructueuses près de Briançon, dans les Hautes-Alpes, pour retrouver un migrant soudanais arrivé d'Italie. Le jeune homme aurait basculé dans une pente en tentant d'échapper à la police.

Un migrant soudanais a disparu depuis mardi 22 juin dans les Hautes-Alpes. Après plus de 48 heures de recherches infructueuses, le parquet de Gap a finalement ouvert une enquête pour "disparition inquiétante".

Avec trois autres personnes également originaires du Soudan, l'homme avait quitté, dimanche, le village italien d'Oulx pour passer la frontière, a expliqué à l'AFP le sociologue Didier Fassin, présent à Briançon pour aider les migrants et mener des travaux de recherches. C'est lui qui a alerté les secours.


Selon les témoignages qu'il a recueillis, le groupe s'est perdu pendant deux jours en montagne, sans eau, ni nourriture, avant, mardi soir, d'aller s'abreuver dans la rivière Durance, en dessous du col de Montgenèvre. Là, les "jeunes hommes" ont pris peur en voyant la lumière de phares, qu'ils ont cru être ceux de voiture de la Police aux frontières (PAF). Afin de leur échapper, les migrants ont tenté de se cacher et l'un d'eux aurait basculé dans une pente.

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Ses trois compagnons sont arrivés mercredi matin tôt au Refuge solidaire de Briançon, d'où les secours ont été déclenchés pour le retrouver.

Depuis 2018, quatre morts et trois disparus dans la région

Malgré la mobilisation des forces de l'ordre et d'un hélicoptère dans le secteur, les recherches n'avaient rien donné vendredi matin, a indiqué la préfecture locale à l'AFP. Selon le procureur de Gap, "la piste de l'accident est la plus probable".

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Pour l'association Tous migrants, cette disparition n'est pas étonnante. "Si les gens pouvaient passer la frontière normalement et déposer l'asile, il n'y aurait pas tous ces drames. On dresse des obstacles sur leur route au mépris de la Convention de Genève, tout ceci génère des morts", assure à InfoMigrants Michel Rousseau, faisant référence au nombre important de forces de l'ordre mobilisés dans la région pour empêcher les migrants de franchir la frontière.

Depuis 2018, quatre cadavres ont été découverts dans les Hautes-Alpes et trois personnes ont disparu, d'après les chiffres de l'association.

 

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