Un campement de migrants, à Coquelles, près de Calais. Les exilés qui y vivent n'ont pas accès aux distributions de nourriture de la Vie active, association mandatée par l'Etat. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants.
Un campement de migrants, à Coquelles, près de Calais. Les exilés qui y vivent n'ont pas accès aux distributions de nourriture de la Vie active, association mandatée par l'Etat. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants.

Samedi, une soixantaine de personnes se sont rassemblées à Calais pour réclamer la fin des arrêtés préfectoraux interdisant, depuis septembre 2020, la distribution de nourriture aux migrants dans une partie de la ville par les associations. Selon ces dernières, les distributions de la seule association mandatée par l’État ne permettent pas de nourrir les quelque 1 500 exilés présents à Calais.

Une manifestation a été organisée, samedi 26 juin, par les associations venant en aide aux migrants à Calais et leurs soutiens contre les arrêtés préfectoraux qui interdisent depuis septembre 2020 la distribution de nourriture et de boissons aux migrants dans une partie de la ville par les associations non-mandatées.

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"Nous dénonçons ces arrêtés qui contreviennent aux besoins les plus élémentaires de chaque personne à savoir boire et manger. Le périmètre d'interdiction est devenu si grand qu'il ne permet presque plus aux associations de distribuer de la nourriture dans le centre-ville de Calais. Chaque rue, chaque parking, chaque mètre carré de trottoir a été intégré à l'interdiction s'il offrait la moindre possibilité d'y mettre en place une distribution de repas", a déclaré dans un communiqué l’Auberge des migrants, l’une des associations organisatrices de la manifestation.

Pour elle, ces mesures "piétinent le principe de fraternité" et "sont des tentatives d'épuisement psychologique et physique exercées à l'encontre des migrants", qui doivent pour beaucoup "se déplacer chaque jour à plus de 4km de leur lieu de vie pour accéder à un repas".

Plus d'une douzaine d'associations avaient saisi en septembre 2020 le tribunal administratif de Lille puis le Conseil d'État, espérant faire invalider l'arrêté préfectoral contre l'interdiction de la distribution alimentaire à Calais. Aucun des deux ne leur avait donné gain de cause.

Pour les migrants, les interdictions de distribution de nourriture par les associations s’ajoutent aux évacuations de campements de plus en plus aléatoires et créent des conditions de vie toujours plus difficiles. Selon les associations, cette situation participe à la hausse des tentatives de traversée de la Manche.

 

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