Les trois femmes tuées à Wurzbourg étaient âgées de 24, 49 et 82 ans | Photo : picture alliance
Les trois femmes tuées à Wurzbourg étaient âgées de 24, 49 et 82 ans | Photo : picture alliance

Après l’attaque meurtrière de Wurzbourg, le profil du tueur, un Somalien arrivé en 2015 et souffrant a priori de problèmes mentaux, est décortiqué par la presse allemande.

L’Allemagne est toujours sous le choc après l’attaque au couteau vendredi dernier dans le centre-ville de Wurzbourg, en Bavière, qui a coûté la vie à trois femmes et fait de nombreux blessés.

Depuis, de nombreux articles parus dans la presse allemande se sont penchés sur l’identité et le passé de l’assaillant, un Somalien de 24 ans arrivé en Allemagne en mai 2015. L’homme s’était fait remarquer ces derniers mois par un comportement agressif et avait suivi une courte thérapie psychiatrique.

Sa demande d’asile avait été rejetée en 2016 mais l’homme bénéficiait d’une protection subsidiaire, son expulsion étant jugée trop dangereuse à cause de la guerre civile qui continue à ravager la Somalie.

Les nombreuses vidéos de smartphones qui ont capté la scène montrent comment le Somalien traverse la ville pieds-nus, agitant son couteau alors que certains passants tentent de le mettre hors état de nuire. L’un de ces passants s’appelle Chia Rabiei, un Kurde Iranien lui même demandeurs d’asile et en Allemagne depuis 18 mois. "J’ai tenté de le distraire et de l’occuper jusqu’à l’arrivée de la police", a expliqué Chia Rabiei à l’agence de presse allemande dpa. Son acte de courage civique a notamment été salué par le ministre-président de Bavière, Markus Söder, lors de sa visite sur place.

Chia Rabiei est arrivé en Allemagne il y a 18 mois. Sa demande d’asile est toujours en cours d’examen. | Photo : picture alliance
Chia Rabiei est arrivé en Allemagne il y a 18 mois. Sa demande d’asile est toujours en cours d’examen. | Photo : picture alliance

Motif toujours inconnu

Jörg Meuthen, l’un des leaders du parti d’extrême-droite AfD n’a pas tardé à parler d’une "attaque islamiste", constituant la preuve de la "politique migratoire défaillante" de la chancelière Angela Merkel. Il n’est pourtant toujours pas clairement établi que l’assaillant ait eu des motivations religieuses ou politiques. Un témoin de la scène affirme l’avoir entendu crier "Allah Akbar" (Dieu est grand) et des documents comportant des messages haineux auraient été retrouvés dans son logement. Ces derniers sont en cours d’évaluation par la police. 

Peter Neumann, un expert en terrorisme au King’s College de Londres et originaire de Wurzbourg ne croit cependant pas que le Somalien fasse partie de la scène islamiste radicale. Tout comme l’auteur de l’attaque au couteau de Hambourg en 2017, qui souffrait également de problèmes de santé mentale, le Somalien s’est probablement "juste rattaché à l’idéologie islamiste", estime Peter Neumann dans le journal allemand Main Post.

Malgré son statut légal l’autorisant à rester en Allemagne, l’assaillant vivait dans un centre d’hébergement pour personnes sans abri. En tant que bénéficiaire d’une protection subsidiaire, il a pourtant accès à une aide au logement, tout comme au système de santé allemand. Il aurait par ailleurs été connu de la police pour son comportement agressif et avait été admis brièvement dans un centre psychiatrique. 

La question de la santé mentale de l’assaillant pousse ainsi certains politiques à faire un lien entre cette attaque et le manque de psychiatres dans le pays.

Susanne Hennig-Wellsow, leader du Parti de gauche die Linke, a ainsi appelé ce lundi à renforcer le suivi psychologique des personnes souffrant de problèmes mentaux.

Pour elle, "ils ne devraient même pas arriver au point de devenir violents. On peut arrêter cela." Susanne Hennig-Wellsow a également mis en garde contre les jugements hâtifs concernant les motivations de l’assaillant. A tous ceux qui "tentent d’instrumentaliser cet acte terrible à leurs propres fins, je veux rappeler que nous ne savons pas comment cet acte terrible a pu se produire."


Avec edp, afp

 

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