Des migrants à bord d'un bateau de la Guardia di Finanza avant leur débarquement sur l'île de Lampedusa, le 21 juin 2021. Crédit : Reuters
Des migrants à bord d'un bateau de la Guardia di Finanza avant leur débarquement sur l'île de Lampedusa, le 21 juin 2021. Crédit : Reuters

Un bateau transportant des migrants a chaviré au large de l'île italienne de Lampedusa dans la nuit de mardi à mercredi, faisant au moins sept morts, toutes des femmes dont une était enceinte. Quarante-six survivants ont été ramenés au port. Neuf personnes sont toujours portées disparues.

Sept personnes sont mortes, dans la nuit de mardi 29 à mercredi 30 juin, dans le naufrage de leur bateau au large de Lampedusa. Les victimes sont toutes des femmes, dont une enceinte, à un stade de grossesse avancée. Soixante-deux personnes, originaires d'Afrique subsaharienne, se trouvaient à bord.


Quarante-six naufragés ont pu être secourus par les sauveteurs italiens. Ils ont été ramenés et pris en charge sur l’embarcadère de Favarolo, rapporte La Repubblica. Dans le seul centre d'accueil du port, des procédures d'identification ont été lancées pour tous les nouveaux arrivants, qui ont été également soumis à un prélèvement anti-Covid.


Des recherches ont été menées par les garde-côtes et la Guardia di Finanza pour retrouver les neuf personnes portées disparues - probablement des enfants - sur le lieu du naufrage, non loin de la petite ile de Lampione. "Aucun corps n'a encore été retrouvé", signalait jeudi matin le média italien Grandangolo.

Le naufrage a eu lieu entre l'ile de Lampione et Lampedusa.
Le naufrage a eu lieu entre l'ile de Lampione et Lampedusa.

Médecins sans frontières a débuté jeudi un accompagnement psychologique auprès des survivants du drame. L'ONG a notamment pris en charge une femme qui a vu ses deux sœurs disparaître en mer, peut-on lire sur le compte Twitter de l'organisation.


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Cet énième drame a renforcé la colère du maire de Lampedusa, Totò Martello, qui a dénoncé "le silence" du premier ministre Mario Draghi. "Quinze jours, sinon plus, se sont écoulés depuis que j'ai demandé à être convoqué pour discuter de ce qui se passe en Méditerranée", a-t-il fait savoir à la presse italienne. "Personne ne veut prendre conscience de ce qui s'y passe. L’élan de solidarité qui va maintenant venir à nous arrive trop tard".

Un hotspot sous pression

La même nuit, l’ile a également accueilli 256 migrants, arrivés sur quatre bateaux distincts. Trois d’entre eux ont été secourus au large, et le quatrième, avec six Tunisiens à bord, a réussi à arriver, vers 7 heures, directement au port.

Le hotspot de Lampedusa, d’une capacité de 250 personnes, est de nouveau sous pression : aujourd’hui, il en accueille 660.

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Ces dernières semaines, les arrivées sont nombreuses sur l’ile italienne, située à environ 130 kilomètres de la ville côtière de Mahdia, en Tunisie. Le 15 juin dernier, plus de 600 migrants, dont des mineurs, ont accosté à Lampedusa en une seule journée. Les personnes arrivées récemment sont originaires du Bangladesh, d'Érythrée, d'Égypte, du Liban, du Cameroun, du Maroc, du Soudan, du Pakistan, du Togo, du Tchad, du Sénégal et de Tunisie.

La route migratoire qui part du Maghreb vers l'Europe ne cesse d’être emprunté par les migrants, notamment à destination de l'Italie. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), entre le 1er janvier et le 21 avril 2021, 8 604 personnes sont arrivées dans le pays.

 

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