L'Ocean Viking a porté assistance à 44 migrants au large des côtes libyennes, le 1er juillet. Crédit ; SOS Méditerranée / Flavio Gasperini
L'Ocean Viking a porté assistance à 44 migrants au large des côtes libyennes, le 1er juillet. Crédit ; SOS Méditerranée / Flavio Gasperini

Le navire humanitaire de SOS Méditerranée a secouru, jeudi, 44 migrants lors de deux opérations de sauvetage. Parmi les naufragés se trouvent 15 mineurs et cinq femmes, dont une enceinte.

Présent au large des côtes libyennes depuis seulement quelques heures, l'Ocean Viking a porté assistance, jeudi 1er juillet, à 44 migrants en détresse en mer Méditerranée.

Le navire humanitaire de SOS Méditerranée a "effectué deux sauvetages dans le secteur de recherche et de sauvetage maltais", a indiqué sur son compte Twitter l'ONG. Le premier, qui a pris fin vers 18h, a concerné 30 exilés et le deuxième, terminé à 20h30, 14 migrants.

Parmi les rescapés, originaires de Libye, de Tunisie et d'Égypte, se trouvent 15 mineurs et cinq femmes, dont une enceinte. Par ailleurs, deux personnes handicapées ont été prises en charge par l'équipe médicale de SOS Méditerranée.

Les garde-côtes libyens ont "compliqué l'opération"

Lors du premier sauvetage, les garde-côtes libyens se trouvant à proximité, ont "compliqué l'opération", ajoute SOS Méditerranée sur Twitter. Ils "sont venus à deux reprises pour empêcher l'Ocean Viking de mener le sauvetage dans la SAR zone maltaise. Leur comportement a conduit à une situation difficile à gérer en l'absence de coordination des autorités maritimes compétentes", précise à InfoMigrants Meryl Sotty, chargée de communication de l'ONG.

Un autre incident en Méditerranée a été rapporté cette semaine par Sea-Watch via son avion de surveillance Seabird. Mercredi 30 juin, les autorités libyennes ont violemment tenté d'intercepter un canot qui naviguait au large de l'île italienne de Lampedusa. Afin de stopper la route de ce groupe de 45 migrants, les Libyens ont tiré des coups de feu en direction de l'embarcation. À plusieurs reprises, la patrouille libyenne a également essayé de la percuter.

Ce n'est qu'au bout d'1h30 que les garde-côtes ont abandonné et bifurqué au sud. Le canot a finalement atteint Lampedusa dans la nuit.

>> À (re)lire : Naufrage du 26 mars 2011 au large de la Libye : la justice française réexamine le dossier

Depuis le début de l'année, les départs de migrants depuis la Libye ont considérablement augmenté. Environ 11 000 ont été dénombrés entre janvier et avril 2021, soit 73% de plus qu'à la même période l'an passé. En cause : la "détérioration" de la situation pour les étrangers dans le pays qui tente de s'extraire d'une décennie de conflits, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

Dans le même temps, au moins 723 personnes sont mortes en Méditerranée centrale en tentant de rejoindre l'Europe sur des embarcations de fortune, selon les chiffres de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio….) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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