La Lituanie a installé au mois de juin 2021 un camp dans la ville de Pabrade, pour accueillir les migrants qui passent la frontière biélorusse. Crédit : Reuters
La Lituanie a installé au mois de juin 2021 un camp dans la ville de Pabrade, pour accueillir les migrants qui passent la frontière biélorusse. Crédit : Reuters

La Lituanie s'est déclarée, vendredi, en état d'urgence, face à la hausse des arrivées de migrants depuis la Biélorussie voisine. Plus de 150 personnes ont traversé la frontière ces dernières 24 heures. L'agence de garde-frontières européenne, Frontex, a dépêché une équipe pour venir en aide au pays balte.

Une équipe de six gardes-frontières de l'agence européenne Frontex a commencé à travailler vendredi 2 juillet en Lituanie pour aider le pays balte à faire face à l'arrivée de migrants. Depuis plusieurs semaines, des dizaines de personnes en provenance de la Biélorussie voisine, passent la frontière ouest du pays pour entrer en Lituanie.

Le nombre de gardes-frontières de Frontex devant être déployés à la frontière biélorusse devrait passer à 30 dans le courant du mois.

Les garde-frontières lituaniens ont indiqué avoir arrêté quelque 150 migrants ces dernières 24 heures - près du double du nombre d'arrestations sur l'ensemble de 2020. Face à cet afflux, le gouvernement a déclaré l'état d'urgence vendredi.

Cela porte le nombre total de traversées illégales de frontières par des migrants cette année à plus de 800, la plupart venant du Moyen-Orient. Sur l'ensemble de 2020, 81 traversées illégales de la frontière avaient été enregistrées – et 37 en 2019.

La plupart des migrants sont originaires d'Irak, mais il y en a aussi de plus en plus de Syrie, de Gambie, de Guinée et d'Inde, selon le site EUobserver.

"La situation commence à se détériorer"

"La situation est tendue et a tendance à se détériorer", a déclaré le ministre lituanien des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis à l'AFP.

Il y a deux semaines, l'armée lituanienne a mis en place un camp d’urgence de plusieurs tentes à Pabradé, à une quarantaine de kilomètres de la capitale Vilnius, pour pouvoir gérer l'afflux. "Le but du ministère est clair : les migrants économiques qui traversent la frontière de l'UE illégalement doivent être renvoyés à l'endroit d'où ils viennent", a-t-il ajouté.

"Un tiers sont des hommes, un autre tiers sont des femmes, on accueille aussi des enfants, quelques mineurs non accompagnés et des personnes avec des problèmes de santé. Nous sommes inquiets quant à nos capacités d’accueil pour assurer l’hébergement à ces personnes qui demandent l’asile", a expliqué à RFI Egle Samuchovaite, directrice des programmes de la Croix-Rouge lituanienne, au mois de juin.

Le gouvernement lituanien, qui s'oppose au président biélorusse Alexandre Loukachenko, a indiqué qu'il soupçonnait les autorités du pays de laisser les migrants passer la frontière.

Ces tensions entre Minsk et Vilnius interviennent alors que les relations entre l’Union européenne et la Biélorussie sont elles-mêmes très compliquées. En cause : le détournement au mois de mai d’un vol commercial de Ryanair ordonné par le président Loukachenko pour arrêter un dissident politique.

 

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