Des migrants dorment dans les hangars désaffectés de l'impasse Magnésia à Calais, en juin 2021. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants
Des migrants dorment dans les hangars désaffectés de l'impasse Magnésia à Calais, en juin 2021. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Un camp d'environ 130 personnes a été démantelé vendredi matin à Calais par les forces de l'ordre. Il était installé dans des hangars en chantier jugés dangereux pour la sécurité des migrants, explique la préfecture. Selon l'Auberge des migrants, ce lieu était l'un des seuls à l'abri de la pluie pour les exilés.

Vendredi 9 juillet, dans la matinée, les forces de l'ordre ont démantelé un camp de migrants installé au bout de l'impasse Magnésia, dans les hangars d'une friche en chantier, à Calais. Environ 130 personnes y résidaient, a annoncé la préfecture du Pas-de-Calais.

Dans le cadre de l'opération de "mise à l'abri", qui fait suite à une ordonnance d'expulsion rendue le 5 juillet, les migrants délogés ont été "orientés dans différentes structures d'accueil", a encore indiqué la préfecture.

La zone industrielle désaffectée de l'impasse Magnésia avait déjà fait l'objet d'un démantèlement début juin lors duquel 650 migrants, notamment Soudanais et Iraniens, avaient été expulsés.

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Depuis, le site privé est en travaux pour accueillir 200 logements sociaux mais des dizaines de migrants avaient continué d'y installer leurs tentes ces dernières semaines, dans l'attente de rejoindre l'Angleterre.

Danger pour les migrants, selon la préfecture

La préfecture a mis en avant la dangerosité des lieux pour les migrants et le "risque grave" encouru en raison de la "fragilité" des structures qui "risquent de s'effondrer à tout moment".

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Pour François Guennoc, président de l'Auberge des migrants, ce lieu est "l'un des seuls endroits où les exilés pouvaient se mettre à l'abri de la pluie". "C'est déplorable car on remet les gens à la rue dans des conditions atmosphériques catastrophiques. On ne peut que le regretter", a-t-il déclaré à l'AFP.

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Les évacuations répétées de ces dernières semaines rendent la vie quotidienne des exilés très compliquée. Elles les condamnent souvent à dormir à la rue sans protection car le nombre de tentes saisies par la police est tel que les associations n’arrivent plus à les remplacer. L’association Collective Aid a fourni 3 000 tentes cet hiver mais les distributions ont dû cesser, le temps de refaire du stock qui servira l'hiver prochain.

Selon les associations, environ 1 500 migrants sont présents à Calais et dans les alentours, dont de nombreuses familles. Les tentatives de traversée, notamment par la Manche, se multiplient en période estivale.

 

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