La Lituanie a commencé, vendredi 9 juillet, a installé des barbelés à la frontière avec la Biélorussie. Crédit : Reuters
La Lituanie a commencé, vendredi 9 juillet, a installé des barbelés à la frontière avec la Biélorussie. Crédit : Reuters

Pour empêcher l'afflux de migrants venant de la Biélorussie, la Lituanie a annoncé vendredi qu'elle allait construire un mur à sa frontière. Vilnius accuse le gouvernement biélorusse de laisser passer des migrants, en représailles aux sanctions de l'Union européenne après l'arrestation d'un dissident politique à Minsk.

Des soldats lituaniens ont commencé vendredi 9 juillet à installer des barbelés le long de la frontière avec la Biélorussie.

"La première étape est une clôture en fil de fer barbelé. Dans un deuxième temps, nous allons construire une clôture physique", longue d'environ 550 kilomètres, a déclaré la ministre lituanienne de l'Intérieur, Agne Bilotaite.


Des militaires lituaniens installent des barbelés à la frontière avec la Biélorussie. Crédit : Reuters
Des militaires lituaniens installent des barbelés à la frontière avec la Biélorussie. Crédit : Reuters


Ce pays balte, membre de l'Union européenne et de l'Otan voit depuis quelques semaines arriver un afflux de migrants, originaires du Moyen-Orient et d'Afrique, depuis la Biélorussie voisine.

Les garde-frontières lituaniens ont annoncé vendredi avoir arrêté 37 nouveaux migrants, au cours des dernières 24 heures. Depuis le début de l'année, 1 500 personnes sont arrivées en Lituanie, contre seulement 81 pour l'ensemble de 2020 et 37 en 2019.

>> À (re)lire : La Lituanie se dit débordée face à l'afflux de migrants venus de Biélorussie

L'augmentation du nombre de migrants met la Lituanie, un pays de 2,8 millions d'habitants, en difficulté pour héberger les nouveaux arrivants. Vilnius n'a jusqu'à présent renvoyé aucun d'entre eux malgré le rejet de toutes leurs demandes d'asile.

Etat d'urgence

Le mois dernier, l'armée lituanienne a mis en place un camp d’urgence de plusieurs tentes à Pabradé, à une quarantaine de kilomètres de la capitale, pour pouvoir gérer l'afflux.

"Un tiers sont des hommes, un autre tiers sont des femmes, on accueille aussi des enfants, quelques mineurs non accompagnés et des personnes avec des problèmes de santé. Nous sommes inquiets quant à nos capacités d’accueil pour assurer l’hébergement à ces personnes qui demandent l’asile", avait expliqué à RFI Egle Samuchovaite, directrice des programmes de la Croix-Rouge lituanienne.


Les autorités lituaniennes ont installé des tentes à Pabradé pour accueillir les migrants arrivés dans le pays. Crédit : Reuters
Les autorités lituaniennes ont installé des tentes à Pabradé pour accueillir les migrants arrivés dans le pays. Crédit : Reuters


Début juillet, le pays s'est déclaré en état d'urgence. L'agence de garde-frontières européenne, Frontex, a alors dépêché une équipe pour venir en aide au pays balte.

Le gouvernement lituanien, qui s'oppose au président biélorusse Alexandre Loukachenko, a indiqué qu'il soupçonnait les autorités du pays de laisser les migrants passer la frontière.

La Première ministre lituanienne, Ingrida Simonyte, a affirmé que la Biélorussie offrait aux migrants des vols à destination de Minsk. "Il y a des agences de voyages, des vols directs qui relient Minsk à Bagdad par exemple, et il y a des agences à la fois en Biélorussie et dans d'autres pays qui opèrent et attirent des 'touristes' à Minsk", a-t-elle déclaré à l'agence de presse Reuters.

Ces tensions entre Minsk et Vilnius interviennent alors que les relations entre l’Union européenne et la Biélorussie sont elles-mêmes très compliquées. En cause : le détournement au mois de mai d’un vol commercial de Ryanair ordonné par le président Loukachenko pour arrêter un dissident politique.

 

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