Des migrants à un poste de contrôle lituanien, le 9 juillet 2021. Crédit : Reuters
Des migrants à un poste de contrôle lituanien, le 9 juillet 2021. Crédit : Reuters

Ces dernières semaines, de plus en plus de migrants en provenance d’Irak ou de pays africains sont arrivés en Lituanie en franchissant la frontière illégalement entre la Biélorussie et la Lituanie. Aujourd’hui, ils sont plus de 1 700 exilés côté lituanien.

Avec notre correspondante à Vilnius, Marielle Vitureau

L’école du village de Vydeniai était vide depuis deux ans. Aujourd’hui, elle héberge 150 migrants. De la grande route poussiéreuse qui passe à côté, on peut les voir assis dans l’herbe ou sur le toit.

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La majorité des 150 hommes et femmes logés ici viennent du RDC. On peut leur parler en tendant le micro au travers de la clôture. Lionel raconte son passage : "On s’est retrouvé dans la forêt, on ne savait pas où était la frontière, on s’est retrouvé comme ça en Lituanie en marchant plusieurs heures."

Certains d’entre eux comme Hervé, du Cameroun, étaient étudiants en Biélorussie. Mais la vie y était devenue trop difficile. "Tu constates que tu payes la pension scolaire trois fois le prix du citoyen local. Les moyens de subsistance il n’y en a pas. J’ai demandé de l’aide, une subvention de l’État biélorusse. Ils ont refusé."

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C’est sur les réseaux sociaux que ces jeunes gens ont entendu parler de cette possibilité de venir en Union européenne. Encore en quarantaine jusqu’à la fin du mois, Hervé et ses compagnons passent leur journée comme ils peuvent : "On s’en va jouer au football juste pour essayer d’enlever ce stress, essayer d’oublier cette horreur."

Très isolés, sans téléphone et contact avec leurs familles. Ils n’attendent maintenant plus qu’une chose : pouvoir enfin déposer leur demande d’asile.

 

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