L'Aquarius, au large des côtes libyennes, en avril 2017. Crédit : InfoMigrants
L'Aquarius, au large des côtes libyennes, en avril 2017. Crédit : InfoMigrants

Dans un communiqué, l’ONG a accusé la garde côtière libyenne d’avoir mis en péril une opération de sauvetage, menée le 23 mai, en tirant des coups de feu en l’air et en rackettant des migrants à bord d’un des canots.

Les ONG Médecins sans Frontières (MSF) et SOS Méditerranée, qui travaillent à bord de l’Aquarius, ont accusé, jeudi 25 mai, les gardes-côtes libyens d’avoir interféré dangereusement lors d'une opération de sauvetage menée deux jours plus tôt. Selon les deux organisations humanitaires, les militaires libyens ont fait usage de leurs armes pour intimider les migrants à bord des canots de fortune, avant de les racketter.

"Deux gardes-côtes libyens, en uniformes et armés, sont montés à bord de l'un des bateaux pneumatiques. Ils ont pris des téléphones, de l'argent et d'autres biens appartenant aux passagers", a expliqué Annemarie Loof, chef de projet des opérations de sauvetage en Méditerranée. "Les passagers ont paniqué et se sont sentis menacés, terrifiés par la conduite agressive des garde-côtes libyens".

Dans la panique générale, plus 60 personnes ont chaviré. "Beaucoup de passagers - qui heureusement avaient déjà reçu des gilets de sauvetage avant que les coups de feu ne commencent - ont sauté à la mer, apeurés", a ajouté Annemarie Loof. "Nos équipes ont repêché 67 personnes dans l'eau pendant qu’on tirait dans les airs. C'est un miracle que personne ne se soit noyé ou n'ait été blessé".

Les gardes-côtes libyens sont ensuite repartis, sans être entrés en contact avec les équipes de l’Aquarius. Le navire a ensuite recueilli 1 004 personnes à son bord.

Ce n’est pas la première fois que des accrochages ont lieu entre les navires humanitaires et les gardes-côtes de Libye. Le 10 mai dernier, le bateau Sea Watch 2, affrété par une ONG allemande, avait déjà accusé les Libyens d’avoir mené une opération de sauvetage sans aucun professionnalisme et d’avoir mis la vie de l’équipage en danger.

Formés et soutenus financièrement par l'Union européenne, les gardes-côtes libyens sont habilités à intervenir en mer pour protéger leur littoral et traquer les trafiquants d'êtres humains et les réseaux de passeurs. Bien que militaires, ils sont également habilités à "secourir" les embarcations en détresse. C'est sur ce point-là que se cristallisent les tensions avec les ONG. Ces derniers, comme Sea Watch 2, les accusent généralement de "rapatrier illégalement" et par la force des personnes qui désirent fuir la Libye.

>> À lire : Un médecin de MSF témoigne des conditions de vie déplorables des migrants en Libye 

 

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