Des véhicules de la police italienne en opération. Crédit : Polizia di Stato / Facebook
Des véhicules de la police italienne en opération. Crédit : Polizia di Stato / Facebook

Massimo Adriatici, un élu d’extrême droite italien, adjoint municipal à la sécurité de Voghera (nord), a tué par balle un Marocain de 39 ans au cours d’une altercation sur une place publique mardi soir. C'est un acte de légitime défense, plaide le chef de son parti, Matteo Salvini.

"Il m'a poussé et un coup de feu a éclaté, il était furieux de mon appel à la police." C'est ainsi que s'est justifié Massimo Adriatici, membre du parti italien d’extrême-droite de la Ligue. Le mardi 20 juillet, peu après 22h, il a abattu d’une balle en plein poitrine Youns El Boussetaoui, un immigré marocain. L'incident s'est produit sur la Piazza Meardi à Voghera, dans le nord de l’Italie.

D’après la presse locale, une altercation a eu lieu dans un bar du centre-ville entre Massimo Adriatici et la victime, qui était en train d’importuner une femme. 

La police a annoncé l’ouverture d’une enquête sur cette fusillade. Les caméras de surveillance de la zone pourraient également être décisives dans les conclusions de l'enquête et, en particulier, une caméra située en plein Piazza Meardi, près du bar où le meurtre a eu lieu.

L'un des points de l'enquête sera aussi de comprendre pourquoi l'élu a sorti ce pistolet - une arme de petit calibre - déjà chargé et avec une balle dans le canon.


L’incident a provoqué des remous politiques, le chef de file de la Ligue, Matteo Salvini, ayant pris immédiatement la défense de Massimo Adriatici, ancien officier de police qui disposait d’une autorisation de port d’arme.

Matteo Salvini, ancien ministre de l’Intérieur et dont le parti a adopté une plateforme anti-immigration, a déclaré que Massimo Adriatici était très respecté dans la communauté locale.

"Logique de Far West"

"Victime d’une agression, il a réagi et a accidentellement tiré un coup de feu", a dit le chef de file de la Ligue dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, estimant que le tireur avait vraisemblablement agi en légitime défense et laissant entendre que Youns el Boussetaoui avait un casier judiciaire.

Des opposants politiques ont dénoncé des conclusions hâtives du parti d’extrême droite et critiqué celui-ci pour ne pas avoir attendu les résultats de l’enquête policière.

"Tout le monde, sans exception, doit condamner la logique de Far West et de se faire justice soi-même", a déclaré Vinicio Peluffo, dirigeant du Parti démocratique (gauche) en Lombardie.

"Si la Ligue pense que porter des armes garantit la sécurité, c’est vraiment inquiétant, parce que cela amène seulement un bain de sang et certainement pas l’ordre", a-t-il ajouté.

*Sur la vidéo ci-dessus, on peut voir les images prises par les caméras de surveillance d'un immeuble voisin. Elles ne montrent qu'une partie de la scène dans laquelle les deux hommes en viennent aux mains. On voit El Boussettaoui s'approcher d'Adriatici alors qu'une discussion semble déjà en cours : Adriatici tient son téléphone portable. L'homme de 39 ans le frappe au visage.

 

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