Un canot de migrants débarque à Lampedusa, le 1er novembre 2020. Crédit : ANSA
Un canot de migrants débarque à Lampedusa, le 1er novembre 2020. Crédit : ANSA

En l'espace de 24h, 27 bateaux de migrants ont débarqué à Lampedusa. Le hotspot de l'île italienne, d'une capacité de 250 places, est débordé : près de 1 200 personnes l'occupent désormais.

Après un court répit dû aux mauvaises conditions météorologiques, les arrivées à Lampedusa ont repris de plus belle. D’après la presse italienne, le 29 juillet, en l’espace de 24h, 27 bateaux ont débarqué sur l’île avec à bord 875 migrants, tunisiens pour la plupart. Plus tard dans la nuit, cinq petits bateaux ont également accosté sur les côtes de Lampedusa, soit 65 personnes supplémentaires.

Le tout dernier débarquement, tard dans la soirée, comptait 16 migrants qui ont réussi à arriver directement à Cala Pisana. Ils ont été arrêtés par la Guardia di Finanza, qui a confisqué leur canot de cinq mètres.

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La majorité des passagers a été amenée à l’embarcadère de Favorolo, pour y subir des tests anti-Covid. Ils ont ensuite été conduits jusqu’au hotspot du district d'Imbriacola, submergé par les arrivées. Aujourd’hui, 1 192 personnes occupent le bâtiment, pour une capacité de 230 places.

Pour désengorger le centre, des transferts en Sicile sont prévus : 110 migrants doivent embarquer à bord du ferry Adriatico, à destination de Porto Empedocle ; 15 personnes prendront l'Azzurra qui les débarquera à Syracuse ; et 50 autres seront pris en charge sur un patrouilleur de la Capitaneria, direction Pozzallo.

Une "bombe migratoire" en provenance de Tunisie

Pour Franco Frattini, numéro deux du Conseil d'État italien, la cause de cette recrudescence d’arrivées est à chercher à une centaine de kilomètres de l’île, en Tunisie.

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La crise politique qui paralyse le pays depuis plusieurs jours, associée à une situation sanitaire catastrophique, font dire à l’ancien ministre des Affaires étrangères conservateur, cité par le journal italien Il Sole24, qu’une "une bombe migratoire peut exploser".

"Il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions, tempère Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS. Mais il est clair que la situation en Tunisie n'augure rien de bon. Et les autorités ont les yeux rivés sur le maintien de l'ordre à l'intérieur du pays : il leur est difficile de tout gérer. D'autant plus que l'été est déjà, d'ordinaire, une période propice aux départs".

 

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