Des migrants à leur arrivée au port de Naples, après leur transfert depuis Cagliari, au sud de la Sardaigne, le 21 février 2017. Crédit : ANSA
Des migrants à leur arrivée au port de Naples, après leur transfert depuis Cagliari, au sud de la Sardaigne, le 21 février 2017. Crédit : ANSA

Ce week-end, 71 migrants ont atteint les côtes sardes à bord de petits bateaux. Bien moins nombreuses qu'à Lampedusa, les arrivées de migrants sont néanmoins de plus en plus régulières sur l'île italienne.

Les bonnes conditions météorologiques de ces derniers jours ont été favorables aux traversées de la Méditerranée vers les îles italiennes. Si, en fin de semaine dernière, 875 personnes arrivaient à Lampedusa en 24 heures, la Sardaigne a accueilli, elle aussi, des migrants sur ses côtes. En deux jours, 71 personnes ont débarqué sur les plages du sud de l’île, à bord de petits bateaux.

De plus en plus de petits bateaux débarquent sur les côtes sardes, même si les arrivées sont bien moins nombreuses qu'à Lampedusa ou en Sicile. Crédit : Google maps
De plus en plus de petits bateaux débarquent sur les côtes sardes, même si les arrivées sont bien moins nombreuses qu'à Lampedusa ou en Sicile. Crédit : Google maps

Un premier canot de 54 personnes est arrivé dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 juillet. Les passagers ont été transférés au port de Cagliari et pris en charge par la police. Un second, avec dix hommes et une femme enceinte, a accosté sur la plage de Domus De Maria, dans le sud de la Sardaigne. Ils ont été transférés vers le centre d'accueil de Monastir, où ils ont été placés en quarantaine.

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Six autres migrants, cinq hommes et une femme, ont été retrouvés quant à eux par des carabiniers à Teulada, dans le sud-ouest de l’île, et transférés dans ce même centre.

Des arrivées plus nombreuses

Bien que les arrivées de migrants soient beaucoup moins nombreuses en Sardaigne que sur les autres îles italiennes, ces dernières années, elles sont tout de même en augmentation. En réponse, les autorités ont ouvert en janvier 2020 un centre de rétention à Macomer, dans le centre de l’île, d’une capacité de 100 places.

Le bâtiment accueille les migrants non éligibles à l’asile, avant leur rapatriement dans leur pays d’origine. La majorité des migrants débarqués sur l'île partent d'Algérie, dont les côtes se situent à 200 kilomètres. "Environ 90 % des arrivées d’Algériens en Italie se font depuis la Sardaigne", avait d'ailleurs précisé à InfoMigrants Flavio Di Giacomo, de l’OIM Italie, en février 2020.

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D’après le rapport "Sardaigne et immigration", publié en juillet par ACLI Sardaigne (l’Association chrétienne de travailleurs italiens), en 2020, 52 329 étrangers se sont installés sur le territoire sarde, soit 6,9 % de plus que l’année précédente. Parmi eux, 26 264 sont des citoyens non européens, en situation régulière. En moyenne âgés de 37 ans, ils représentent actuellement 3,2 % de la population de l'île. 

"Contrairement aux idées reçues, la plupart des étrangers en Sardaigne sont européens, notamment roumains. Ils sont plus de 14 000, et se concentrent dans la province de Sassari, explique le journal L’Unione sarda. Dans la ville métropolitaine de Cagliari, vivent principalement des Africains, des Sénégalais, des Marocains et des Asiatiques, principalement des Chinois, puis des Philippins, des Bengalis et des Pakistanais".

Déclin démographique

Sur la totalité des étrangers répertoriés, plus de 31 000 travaillaient sur l’île en 2020, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2019. Environ 85 % sont employés dans le secteur des services, dont 30,7% dans le travail domestique et 22,3 % dans le commerce.

"Les pourcentages analysés se rapportent à la part des travailleurs en possession d'un contrat de travail régulier mais une grande partie de la richesse produite est attribuable à ce que l'on appelle ‘l'économie non observée’, qui comprend le travail irrégulier, notamment dans l'agriculture, la construction et les secteurs de l'artisanat", indique le rapport.

Dans cette région en déclin démographique - la Sardaigne a perdu 3,32 % de sa population entre 2016 et 2020, soit environ 55 000 habitants – "l'immigration est une ressource pour l’île, car elle a un effet positif sur l’économie de la région, affirme Marco Sechi, responsable de la Direction du travail pour la région. Cependant, des décisions encore plus incisives doivent être prises et mises en œuvre pour faciliter l'emploi des étrangers, et valoriser leurs compétences au service de notre économie".

 

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