Les garde-côtes tunisiens au large de Djerba, en Tunisie. Crédit : Picture alliance
Les garde-côtes tunisiens au large de Djerba, en Tunisie. Crédit : Picture alliance

La marine tunisienne a secouru près de 500 migrants en Méditerranée, entre samedi soir et lundi matin. Une centaine de personnes, qui s'apprêtaient à prendre la mer, ont par ailleurs été arrêtées.

Les autorités tunisiennes ont porté assistance à 497 migrants en détresse au large des côtes de la Tunisie en seulement deux jours. Dans la nuit du samedi 31 juillet au dimanche 1er août, ce sont 188 personnes qui ont été secourues, dont la majorité est originaire d’Afrique subsaharienne.

La nuit suivante, la marine tunisienne a secouru 309 migrants, eux aussi principalement subsahariens.

Durant ces deux jours, environ 115 personnes ont également été arrêtées alors qu’elles s’apprêtaient à prendre la mer à bord d’embarcations de fortune. Les autorités ont saisi dans des maisons abandonnées des moteurs de bateaux, du carburant, des gilets de sauvetage, un GPS ainsi que de l’argent.

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Alors que la Tunisie est confrontée à une nouvelle vague de Covid-19 et doit faire face à une crise politique, le président tunisien Kais Saïed s’est engagé à lutter contre les réseaux d’immigration des côtes tunisiennes vers l’Italie. Le chef de l’État a assuré dimanche "que ce qu’il s’est passé en 2011 ne se répétera pas", faisant allusion à la recrudescence des départs des Tunisiens après la chute du président Zine el-Abidine Ben Ali. À cette époque, environ 20 000 ressortissants tunisiens avaient débarqué à Lampedusa, en traversant la Méditerranée.

Reste que les départs et tentatives de départ depuis la Tunisie sont en augmentation cette année, en raison du manque de stratégie économique, de la hausse du chômage due à la pandémie ou encore de la crise politique qui s'éternise dans le pays.

Les Tunisiens arrivés illégalement en Italie au premier semestre de cette année représentaient 14,4 % de toutes les arrivées dans le pays. Ils constituent ainsi la deuxième nationalité des migrants débarqués sur les côtes italiennes.

Pour lutter contre l'immigration irrégulière, Rome et Tunis ont renforcé en mai leur coopération. Concrètement, la ministre italienne de l'Intérieur, Luciana Lamorgese, et la Commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson ont proposé des aides économiques à la Tunisie, qui peine à rembourser ses dettes. En échange, Tunis devra, de son côté, faire preuve d'un effort accru pour empêcher les migrants d'arriver en Europe.

 

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