Image d'archives de migrants "mis à l'abri" par les autorités, à Paris en 2019. Crédit : InfoMigrants
Image d'archives de migrants "mis à l'abri" par les autorités, à Paris en 2019. Crédit : InfoMigrants

La préfecture de Paris a procédé, jeudi 5 août, à la "mise à l'abri" de 104 migrants installés le long du canal de l'Ourcq à Paris, presque exclusivement des hommes seuls. Une partie venait de la Place des Vosges, où l'évacuation du 30 juillet a laissé au moins 150 hommes à la rue.

Cent-quatre personnes, dont 102 hommes seuls et deux membres d'une famille, installées sous des tentes le long du canal de l'Ourcq, dans le nord de Paris, ont été "mises à l'abri" jeudi 5 août par les services de l'État.

"Toutes ont été prises en charge dans des centres d'hébergement en Île-de-France", affirme la préfecture de Paris dans un communiqué. D'après l'association Utopia 56, les 104 personnes du canal de l'Ourcq ont été orientées vers deux CAES, l'un à Paris et l'autre à Ris-Orangis (Essonne).

Parmi ces migrants, on compte de nombreux hommes qui n'avaient pas pu bénéficier d'une mise à l'abri suite à l'évacuation de Place des Vosges le 30 juillet. La préfecture de police de Paris avait en effet lancé l'évacuation des 750 personnes occupant - à l'initiative du collectif Réquisitions - cette place du centre de Paris.

Près de 3 000 migrants mis à l'abri depuis le début de l'année

Mais en fin de journée, au moins 150 hommes avaient été laissés sur le carreau et avaient été repoussés violemment de la place, selon les associations. "Les forces de police (...) les ont forcé à sortir du square" et les ont été "escortés jusqu'à une station de métro (...) avant de les pousser de force dans le métro", indiquent les militants dans un communiqué.

Une partie d'entre eux s'était regroupée le long du canal de l'Ourcq. Utopia 56 leur avait apporté des tentes et des couvertures. De son côté, le collectif Solidarité migrants Wilson avait servi dès le lendemain matin "40 à 50 petits-déjeuners. Mardi, on était rendu à 70 repas, et ça a continué à grandir", précise Philippe Caro, membre du collectif d'aide aux migrants.

Depuis le début de l'année, le collectif Réquisitions a occupé sept lieux de Paris pour forcer les autorités à prendre en charge les migrants vivant sur les trottoirs du nord de la ville. Ce sont ainsi près de 3 000 personnes qui ont pu bénéficier d'un hébergement d'urgence à la suite de ces opérations, selon les chiffres des associations.

 

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