La rivière Bidassoa est une frontière naturelle entre la France et l'Espagne. Crédit : InfoMigrants
La rivière Bidassoa est une frontière naturelle entre la France et l'Espagne. Crédit : InfoMigrants

Dimanche, un homme s'est noyé dans le fleuve de la Bidassoa, qui est aussi une frontière naturelle entre l'Espagne et la France. Une enquête pour connaître les circonstances du drame a été ouverte.

Dimanche 8 août, au matin, un migrant est décédé en tentant de traverser à la nage la Bidassoa, fleuve côtier qui est aussi une frontière naturelle entre la France et l’Espagne, pour entrer sur le sol hexagonal.

Avertis par des passants, les pompiers d'Irun ont pu repêcher le noyé, décédé d'un arrêt cardio-respiratoire.

Selon France Bleu, la police autonome basque, la Ertzaintza a ouvert une enquête pour établir les circonstances et tenter de trouver son identité.

Un deuxième homme, qui a lui aussi tenté la traversée, a eu plus de chance : il est sorti indemne du fleuve. "Nous avons peu d'informations pour le moment. Nous savons juste que les deux hommes ont tenté la traversée dimanche vers 10h. Le courant était très fort, l'un a réussi à passer mais l'autre s'est malheureusement noyé", a confirmé Tom Dubois-Robin, un habitant d'Hendaye, contacté par InfoMigrants.

"Chasse aux migrants"

Selon le site France Bleu, le maire d’Irun José Antonio Santano a demandé la mise en place d'une politique migratoire européenne pour éviter, à l'avenir, ces drames humains.

>> À relire : "A la frontière franco-espagnole, l’importante présence policière ne dissuade pas les migrants de tenter le passage" (1/3)

L'association d'aide aux migrants Irungo Harrera Sarea regrette, elle, les "chasses aux migrants" qui se déroulent dans la région entre la ville espagnole d'Irun et Hendaye, en France. Les forces policières sont en effet nombreuses dans le Pays basque pour empêcher les passages de frontière.

Depuis le début de l'année, entre 1 200 et 1 600 agents (gendarmes, policiers, CRS et douaniers) sont déployés chaque semaine à la frontière, a indiqué au mois de juin la préfecture des Pyrénées-Atlantiques à InfoMigrants, avec une moyenne de 163 personnes par jour. La France a invoqué le risque terroriste pour rétablir ces contrôles.

Un accord signé entre Madrid et Paris permet également aux autorités françaises d’expulser un migrant arrivé au maximum quatre heures plus tôt dans l’Hexagone. 

"Traverser la Bidassoa semble anecdotique, mais c'est pourtant dangereux"

Pour éviter les contrôles policiers et les refoulements vers l'Espagne, les migrants prennent donc de plus en plus de risques. Si beaucoup tentent le passage via la terre ferme, certains se tournent vers le fleuve. Et malgré les apparences, les courants sont très forts dans la Bidassoa.

Anaïtze Aguirre, membre de Irungo Harrera Sarea, confiait déjà ses craintes à InfoMigrants au mois de mai. "Pour ces gens qui ont traversé le désert et la mer dans des conditions chaotiques, relier les deux rives d’un fleuve semble anecdotique. Et pourtant, c’est tout aussi dangereux".

Fin mai, le corps d’un migrant avait déjà été retrouvé sur les berges.

Depuis trois ans, environ 30 000 migrants ont atteint la France depuis Irun, sans revenir sur leur pas, selon les chiffres de l’association Irungo Harrera Sarea.

 

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