Les expulsions, notamment vers l'Afghanistan, ont suscité de nombreuses manifestations en Allemagne | Photo : Picture-alliance/dpa/S.Babbar
Les expulsions, notamment vers l'Afghanistan, ont suscité de nombreuses manifestations en Allemagne | Photo : Picture-alliance/dpa/S.Babbar

Le 12 août, le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir suspendu les éloignements forcés des Afghans déboutés de leur demande d'asile, et ce depuis début juillet. À plusieurs reprises, le gouvernement afghan avait demandé aux pays membres de l'Union Européenne de suspendre ces expulsions, en raison de la dégradation du contexte sécuritaire.

La France a annoncé, jeudi 12 août, avoir suspendu depuis début juillet les expulsions des ressortissants Afghans déboutés de leur demande d'asile. "Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire en Afghanistan, la France a suspendu les éloignements vers ce pays depuis le début du mois de juillet", a indiqué le ministère de l'Intérieur à l'AFP - une information confirmée auprès d'InfoMigrants.

Cette déclaration intervient au lendemain d'une annonce similaire de l'Allemagne et des Pays-Bas, faisant volte-face par rapport à leur position antérieure. Aux côtés de leurs homologues grec, danois, autrichien et belge, ces deux pays demandaient jusqu'ici à l'Union Européenne de pouvoir poursuivre ces expulsions.

"Nous suivons l'évolution de la situation de près"

"Nous suivons l'évolution de la situation de près, en lien avec nos partenaires européens", a affirmé le ministère à l'AFP. À plusieurs reprises, l'Afghanistan avait demandé aux États membres de l'Union Européenne de cesser les éloignements forcés, en raison de l'offensive des Taliban. Ces derniers ont pris le contrôle d'au moins dix chefs-lieux de province en une semaine, se rapprochant de Kaboul.

>> À (re)lire aussi : "Tous ceux qui ont les moyens fuient le pays" : les autorités afghanes demandent à nouveau à l'UE de stopper les expulsions

"Nous demandons à l'UE d'arrêter les renvois jusqu'à ce que nous parvenions à un accord de paix avec les Taliban et que nous puissions accueillir [les Afghans expulsés] dans de bonnes conditions", avait indiqué le directeur général des États d'urgence du ministère des réfugiés en Afghanistan, Mher Khuda Sabar, à InfoMigrants.

En 2020, les Afghans représentaient la première nationalité parmi les demandeurs d'asile en France, avec près de 8800 demandes déposées.

 

Et aussi