Les premiers civils évacués d'urgence d'Afghanistan atterrissent à l'aéroport de Paris Charles-de-Gaulle. Crédit : compte twitter de l'Ofii
Les premiers civils évacués d'urgence d'Afghanistan atterrissent à l'aéroport de Paris Charles-de-Gaulle. Crédit : compte twitter de l'Ofii

Un premier vol de 184 civils afghans s'est posé mercredi sur le tarmac de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, en région parisienne. Environ 200 autres devraient arriver dans la soirée de jeudi. Didier Leschi, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), a expliqué à InfoMigrants l'organisation de ces évacuations d'urgence, et détaillé la suite de leur prise en charge sur le sol français.

"Les agents de l’OFII accueillent les premiers arrivants d’#Afghanistan après la chute de #Kaboul. Dans ce premier vol : 110 adultes et 76 enfants". Le message a été publié sur le compte Twitter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), la structure chargée de veiller à la prise en charge des demandeurs d'asile et réfugiés sur le sol français.

Un avion de l'armée de l'Air s'est en effet posé mercredi 18 août sur le tarmac de l'aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle. À son bord, se trouvaient 184 civils afghans. Tous ont été évacués en urgence après la chute de Kaboul, tombée aux mains des Taliban.

Il s'agit de la deuxième arrivée d'un avion à Paris depuis la mise en place par le gouvernement d'un pont aérien, pour évacuer Français et Afghans du pays. Un premier avion, lundi 16 août, s'était déjà posé. Il transportait principalement des ressortissants français.

"Un autre vol, qui transite par Abou Dhabi, devrait se poser ce soir [jeudi 19 août] à 21h", précise Didier Leschi, le directeur général de l'Ofii, joint par InfoMigrants. Il compte à son bord 180 Afghans.

Placés en quarantaine puis dirigés vers des hébergements

Au total, depuis le début de l'offensive des Taliban, ce sont près de 1 000 Afghans qui ont été évacués vers la France. "Entre le mois de mars et le mois de juillet, nous avons déjà fait venir 624 Afghans. Des personnes qui avaient essentiellement travaillé aux côtés de l'armée française", explique Didier Leschi.

Les profils des personnes qui arriveront aujourd'hui sont différents. "Ce sont des médecins, des artistes, des gens du monde de la culture. Des personnes qui de par leurs professions, leurs actions, leurs prise de position étaient ciblés par les Taliban".

Tous seront placés en quarantaine dans des hôtels des Hauts-de-Seine, en région parisienne. "Dans un deuxième temps, ils seront dirigés vers des structures d'accueil pérennes", affirme Didier Leschi. De là, leur parcours administratif de demande d'asile débutera. "Ils devront suivre la procédure habituelle, quoiqu'accélérée : passer devant le Guichet unique [s'enregistrer à la préfecture, NDLR] puis devant l'Ofpra". Ils auront également droit à l'allocation pour demandeurs d'asile (ADA).

"Des Afghans plus âgés, qui n'avaient jamais pensé venir en France"

À chaque arrivée à l'aéroport de Paris, des agents de l'Ofii, de France Terre d'asile, des traducteurs et interprètes sont présents pour aider et orienter les personnes. "Ce sont des gens désorientés, évidemment. Ils sont choqués par la situation dans leur pays. Ce sont des personnes qui n'avaient jamais pensé à partir, qui étaient établies professionnellement", souligne Didier Leschi.

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Ils n'ont pas le "profil habituel" des demandeurs d'asile afghans arrivés en France ces derniers mois et ces dernières années - et que l'on retrouve sur le littoral nord de la France, vers Calais et Grande-Synthe. "Ils sont plus âgés. Ils ne viennent pas de la même classe sociale. Ils n'ont pas organisé leur venue, puisqu'ils n'avaient jamais pensé à venir ici", décrit le directeur général de l'Ofii. "Ils ont tout quitté dans l'urgence".

Des évacuations partout en Europe

À l'international, les évacuations d'urgence se multiplient aussi. Le Royaume-Uni a pu accueillir 306 Britanniques et 2 052 Afghans, "en toute sécurité", a annoncé mercredi le Premier ministre Boris Johnson.

L'Allemagne a déjà évacué 500 personnes, selon le ministère des Affaires étrangères. L'Espagne a, de son côté, engagé une première série de rotations avec trois avions militaires. Un groupe de plus de 50 Espagnols et collaborateurs afghans, en route depuis Kaboul via Dubaï, doit arriver en Espagne ce jeudi, selon le gouvernement. 

En Italie, 86 personnes ont atterri à Rome mercredi, à bord d'un avion militaire : des Italiens, des Afghans et leurs familles, ainsi que des personnels de l'Otan et de l'Union européenne, selon le ministère des Affaires étrangères. Quelque 200 autres personnes étaient attendues dans la péninsule.

Par ailleurs, 84 personnes, principalement des Afghans, se sont envolées mercredi de Kaboul pour Copenhague, a annoncé la Première ministre du Danemark Mette Fredriksen.

L'armée américaine a, elle, déjà évacué plus de 3 200 personnes, notamment du personnel américain, à l'aide d'avions militaires. De plus, près de 2 000 exilés afghans ont été acheminés vers les Etats-Unis. Le pays prévoit d'évacuer plus de 30 000 personnes via leurs bases au Koweït et au Qatar.

 

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