REUTERS/Hani Amara | Des gardes-côtes libyens débarquent le corps de l'une des personnes tuées dans le naufrage d'un navire transportant des migrants, jeudi 27 août 2019.
REUTERS/Hani Amara | Des gardes-côtes libyens débarquent le corps de l'une des personnes tuées dans le naufrage d'un navire transportant des migrants, jeudi 27 août 2019.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) enregistre, sur les sept premiers mois de l'année, une hausse des départs en mer Méditerranée - et d'interceptions de migrants par les garde-côtes libyens. Pour Anouar al-Werfalli, spécialiste des questions migratoires, "les passeurs ont accéléré la cadence pour compenser le manque à gagner durant les nombreux mois de confinement".

En tout, ce sont 20 257 personnes qui ont été interceptées entre janvier et juillet indique l'OIM, contre 12 000 sur toute l'année 2020. La hausse des départs est "de 100% de janvier à juillet" par rapport à la même période l'an dernier, a indiqué à l'AFP un responsable de la marine libyenne sous le sceau de l'anonymat. Et cet été, le nombre de morts bat des records selon les ONG qui patrouillent en mer dans la zone.

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Si la trêve dans la guerre qui se joue sur le sol libyen semble être à l'origine de cette hausse des départs, un migrant sur deux finit par retourner en Libye. Une situation qui inquiète Flavio Di Giacomo, le représentant de l'OIM pour la Méditerranée, joint par RFI, car, selon lui, la situation des personnes exilées en Libye ne s'est pas améliorée malgré l'arrêt des combats. "Les migrants qui vivent en Libye sont dans une situation très difficile. Il semble que le danger se soit accru par rapport à l’année dernière. C’est probablement pour cette raison que les migrants chercher à fuir la Libye où ils sont victimes de violences et où les droits humains sont violés."

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Les passeurs plus visibles "qui n'ont pas peur des autorités"

"De plus, jusqu’il y a quelques mois, jusqu’à l’année dernière, les migrants partaient sur des bateaux gonflables, c’était très facile de les gonfler sur la plage, et ça leur donnait la possibilité de bouger très rapidement d’un endroit à un autre sans être vus par les autorités. Et maintenant, on a même enregistré l’arrivée cette année de gros bateaux de bois avec des centaines de personnes à leur bord. Ce qui n’était pas le cas ces trois dernières années. Ça veut dire qu’évidemment, les trafiquants ont moins peur d’être arrêtés sur la plage, car il faut du temps pour remplir ces bateaux de bois, on est bien visible sur la plage, ce qui montre qu’ils n’ont pas peur des autorités."

Le fait que les passeurs prennent moins de précaution peut s'expliquer par le manque à gagner des mois de confinement, qu'ils cherchent à rattraper, explique à l'AFP le juriste Anouar al-Werfalli, spécialiste des questions migratoires. "Les passeurs ont accéléré la cadence pour compenser le manque à gagner durant les nombreux mois de confinement" et "de nombreux migrants qui avaient dû mettre en attente leur projet migratoire reprennent la route", selon Anouar al-Werfalli.

(1/5) 555 pers. secourues en 6 opérations
2 recherches d'embarcations en détresse sans coord. des autorités
6 jours sans instructions quant au lieu de débarquement des rescapés
3 évacuations médicales,4 jours de débarquement
Voici en chiffres la dernière mission de l'#OceanViking pic.twitter.com/97W7zwXf4E
— SOS MEDITERRANEE France (@SOSMedFrance) August 16, 2021
 

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