La CEDH a demandé le 25 août 2021 à la Pologne et à la Lettonie de fournir de l'aide aux migrants bloqués à leur frontière avec la Biélorussie. Crédit : Picture alliance
La CEDH a demandé le 25 août 2021 à la Pologne et à la Lettonie de fournir de l'aide aux migrants bloqués à leur frontière avec la Biélorussie. Crédit : Picture alliance

La cour européenne des droits de l’homme avait demandé jeudi à la Pologne et à la Lettonie de fournir de l’eau, de la nourriture et des vêtements aux personnes bloquées à la frontière. Varsovie a refusé.

La Pologne a refusé vendredi 27 août de fournir de l’aide aux migrants bloqués à sa frontière avec la Biélorussie comme le lui avait demandé la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

L’institution européenne avait appelé jeudi 26 août, dans un communiqué, la Pologne et à la Lettonie à fournir à tous les migrants de l'eau, de la nourriture, des vêtements, des soins médicaux appropriés et, si possible, un abri temporaire.

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La cour avait précisé que cette mesure ne contraignait ni la Pologne ni la Lettonie à accueillir ces migrants sur leurs territoires.

"En premier lieu, nous sommes obligés à veiller sur notre frontière (...) pour que les immigrés illégaux ne puissent pas pénétrer sur le territoire de l'Union européenne", a déclaré à la presse Mateusz Morawiecki, le Premier ministre polonais, en soulignant que le groupe d'immigrés bloqués à la frontière se trouvait sur le territoire biélorusse.

Il a précisé que la Pologne avait envoyé un convoi humanitaire à la Biélorussie qui a été stoppé par Minsk à la frontière.

Une trentaine de migrants bloqués

Selon des ONG locales, une trentaine de migrants, des Afghans, sont coincés depuis plus de 15 jours dans un campement de fortune à la frontière, près du village de Usnarz Gorny, mais la Pologne refuse de les laisser entrer sur son territoire. Ils sont surveillés de près d'une part par les garde-frontières biélorusses et de l'autre par les forces polonaises.

Les activistes polonais ne peuvent pas approcher les exilés et communiquent avec eux via des pancartes et des mégaphones, souvent brouillés par la police. Ils se plaignent de ne pas pouvoir leur fournir ni vivres ni équipements nécessaires pour tenir par un temps toujours plus froid et pluvieux. Leur état de santé se dégrade considérablement.

Le député polonais Franek Sterczewski a tenté mercredi d’accéder aux exilés. Dans une vidéo tournée par la télévision, on voit le parlementaire, un grand sac plastique à la main, courir au milieu du cordon de sécurité pour apporter des vivres, des couvertures et des médicaments aux exilés.

Afflux "planifié et organisé par Minsk"

En Lettonie, la ministre de l'Intérieur, Marija Golubeva, a assuré qu'"en coopération avec les ONG locales, les gardes-frontières fournissent la nourriture, les vêtements et les médicaments nécessaires aux personnes qui se trouvent à la frontière du côté biélorusse".

Des milliers de migrants, pour la plupart originaires du Moyen-Orient, ont franchi la frontière biélorusse-européenne ces derniers mois, ce que l'UE considère comme une forme de représailles du régime de Loukachenko face aux sanctions de plus en plus sévères que l'UE lui impose.

Les Premiers ministres d'Estonie, de Lettonie, de Lituanie et de Pologne ont dénoncé récemment ensemble que l'afflux des migrants avait été "planifié et systématiquement organisé" par Minsk.

Varsovie a annoncé lundi le projet d'une "solide clôture" de barbelés à la frontière avec la Biélorussie.

Des organisations polonaises des droits de l'Homme et l'opposition libérale accusent le gouvernement nationaliste-conservateur de refuser de secourir les personnes ayant besoin d'aide et d'ainsi violer le droit international.

 

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