Le centre de Piriac-sur-Mer où certains réfugiés afghans ont été accueillis durant leur quarantaine après l'évacuation d'urgence depuis Kaboul (Image d'illustration). Crédit : Reuters
Le centre de Piriac-sur-Mer où certains réfugiés afghans ont été accueillis durant leur quarantaine après l'évacuation d'urgence depuis Kaboul (Image d'illustration). Crédit : Reuters

L'ensemble des quelque 3 000 Afghans rapatriés d'urgence en France sont maintenant sortis de leur période de quarantaine. Sauf évidemment, ceux qui ont été testés positifs au Covid-19. Tous ces exilés ont passé entre 10 et 15 jours, isolés dans des centres d'accueil d'urgence. Ils entrent à présent dans le parcours administratif classique des demandeurs d'asile et peuvent ainsi circuler librement pour découvrir un peu leur pays d'accueil, comme ce père de famille rencontré par RFI.

Avec notre envoyée spéciale à Villeurbanne, Marie Casadebaig

Nouri a 55 ans, mais il a le sourire d’un enfant lorsqu’il imagine sa première journée de liberté en France : "On va prendre le tramway pour aller à la préfecture parce qu'on a rendez-vous. Peut-être on va marcher un peu plus loin d'ici pour acheter du pain ou quelque chose comme ça. C'est incroyable de sortir après dix jours !"

Avec sa femme et ses quatre enfants, cet ancien professeur de français à Kaboul va demander l’asile. Nouri a été également traducteur pour l’armée française. Il était donc une cible pour les Taliban : "Les Taliban sont rentrés dans Kaboul donc j'ai téléphoné. Le ministère de la Défense nous a donné un avocat et il nous a dit à 7h du matin, vous sortez et vous montez dans la voiture. Et on a fait ça."

Aujourd’hui, l’avenir de ce professeur ressemble à un saut dans le vide. Il le reconnaît, en toute humilité, il a besoin d’aide. "Dès que je suis arrivé en France, je suis comme un petit bébé ici. Je ne comprends rien et j'ai besoin de nourriture. J'ai besoin des autres. Je demande deux, trois pièces pour mes enfants et un nid pour moi et mes petits oiseaux."

Une fois leur demande d’asile déposé, Nouri et sa famille vont changer d’hébergement. Pour aller où ? Pour combien de temps ? Personne ne peut encore répondre à toutes leurs questions.

 

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