De plus de 300 000 en 2011, il reste aujourd'hui environ 50 000 réfugiés ivoiriens. Ici, un camp au Liberia. Crédit : AFP
De plus de 300 000 en 2011, il reste aujourd'hui environ 50 000 réfugiés ivoiriens. Ici, un camp au Liberia. Crédit : AFP

Les gouvernements de la Côte d’Ivoire et des pays ayant accueilli un grand nombre de réfugiés ivoiriens ces 20 dernières années ont signé, mardi 7 septembre, une déclaration dans laquelle ils recommandent officiellement l’invocation de la clause de cessation du statut de réfugié. En clair, ces pays estiment que les causes qui avaient poussé ces exilés à fuir leur pays n’existent plus. Ces réfugiés ivoiriens sont encore environ 50 000 dans la sous-région.

Avec notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto

Dans un mois à Genève, le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) proclamera une clause de cessation du statut de réfugié des ressortissants ivoiriens. Cela signifie que pour la plupart, ces réfugiés n’auront plus le statut de réfugié. Les États devraient l’annoncer avant le 31 janvier 2022. Le HCR a recommandé qu’elle prenne effet à partir du 30 juin 2022.

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Cette décision intervient à un moment où 60% des réfugiés ivoiriens interrogés souhaitent être rapatriés, tandis que 30% des réfugiés et demandeurs d'asile ivoiriens en Afrique de l’ouest et du centre se disent indécis, et 10% ont décidé de rester dans leur pays d'accueil où ils ont développé des liens forts.

Faciliter le retour au pays

Le HCR s’engage aussi à leur apporter une assistance pour se réintégrer en Côte d’Ivoire et recouvrer pleinement leurs droits, explique Raouf Mazou, Haut-commissaire assistant chargé des opérations : "Cela consiste d’abord en une assistance juridique. S’assurer que pour ceux qui sont rentrés par exemple, il y a une clause dans l’accord qui est de dire que si vous aviez des impôts à payer par rapport à la propriété que vous aviez, et que vous avez été absent, vous ne soyez pas soumis à cet impôt. Si certaines propriétés vous ont été prises pendant que vous étiez absents, qu’elles vous soient retournées. Si vous étiez dans la fonction publique et que vous avez été radié de la fonction publique, la situation sera examinée. Ensuite, s’assurer que tous ceux qui sont partis et qui n’ont pas toujours eu des actes de naissance par exemple par rapport à leurs enfants, qu’ils puissent les avoir. Donc, sur le plan juridique, et de manière générale, faire en sorte que quelqu’un ne subisse pas une discrimination parce qu’il était parti."

"Nous, nous travaillons avec le gouvernement, c’est la responsabilité du gouvernement de faire en sorte que ce soit fourni, ajoute Raouf Mazou. Ensuite, on a une assistance qu’on va continuer à fournir au gouvernement pour faire en sorte que sur le plan socioéconomique, les gens puissent se réintégrer."

 

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