Selon les associations, au moins 11 personnes ont été envoyées en CRA après l'opération de mise à l'abri samedi à Paris. Crédit : Utopia 56
Selon les associations, au moins 11 personnes ont été envoyées en CRA après l'opération de mise à l'abri samedi à Paris. Crédit : Utopia 56

Selon les associations, "au moins 11 personnes" ont été envoyées en centre de rétention administrative (CRA) suite à l'évacuation samedi du parc André-Citroën, à Paris, où s'étaient rassemblés des centaines de migrants.

Les associations se disent scandalisées et dénoncent un véritable "traquenard". Sur les 1 210 migrants qui dormaient au parc André-Citroën, dans le sud de Paris, et qui ont fait l'objet d'une mise à l'abri samedi 4 septembre, "au moins 11 personnes" ont été placées en centre de rétention administrative (CRA) en vue de leur expulsion. Ce chiffre pourrait être plus élevé, selon Utopia 56, joint mercredi par InfoMigrants.

"Certaines (personnes) ont été séparées de leur conjoint et de leurs enfants", signale dans un communiqué le collectif Réquisitions, à l'origine de l'occupation du parc et qui regroupe plusieurs associations dont Utopia 56, le Droit au logement (DAL) ou encore Paris d'exil.

D'autres personnes ont "été interpellées et se sont vues notifier une Obligation de quitter le territoire français (OQTF)", ajoutent les militants.

Les humanitaires rapportent aussi que des migrants ont été arrêtés directement à la sortie du bus par la police, qui contrôlait la situation de l'ensemble des passagers.

C'est le cas du mari de Bamba M., une Ivoirienne de 37 ans, arrivée en août en France et qui a été orientée à Sarrebourg. "À la descente du bus, ils l'ont mis dans la voiture de police et on ne l'a plus revu", sanglote la jeune femme, interrogée par l'AFP. Son conjoint, placé au CRA de Metz, devait être présenté à un juge mercredi.

"Déplacement forcé"

Les associations dénoncent également le "déplacement forcé" vers la province de 670 personnes, transférées vers Besançon, Rennes ou encore Strasbourg. "Ni les associations ni les personnes sans abri n'ont été informées (...) qu'elles seraient contrôlées par la police et transportées d'office et autoritairement loin de leur lieu de vie", écrivent-elles dans un communiqué.

Faux, répond Didier Leschi, directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii). "Les gens ont été informés, je ne peux pas imaginer que les travailleurs sociaux (chargés d'orienter les migrants) se soient tus", déclare-t-il à InfoMigrants, précisant que les places en région parisienne sont saturées.

Reste que d'après Nikolaï Posner, coordinateur d'Utopia 56, "cette mise à l'abri a clairement manqué de communication". "Lorsque les personnes dans les bus ont demandé où elles étaient emmenées, on leur a répondu : 'On nous a interdit de vous le dire'", relate-t-il. "Les gens ont pris peur car on a refusé de leur donner des informations. À tel point que certains se sont enfuis quand ils ont vu la police à la sortie des bus".

>> À (re)lire : Le camp du parc André-Citroën évacué, 1 200 migrants mis à l'abri

Beaucoup de personnes orientées en région ont depuis quitté les hébergements d'urgence. "Près de 60% d'entre elles sont repartis dans les 48 heures", indique Didier Leschi. "Ce qui prouve que beaucoup avaient déjà un hébergement d'urgence et souhaitaient accéder à un logement", estime le chef de l'Ofii.

Là encore les versions diffèrent. Selon Jean-Baptiste Eyraud du DAL, "tout le monde savait que cette action consistait à obtenir des places d'hébergement, personne n'a pensé que c'était pour des logements".

Mais parmi ces personnes délocalisées en province, beaucoup travaillent en Ile-de-France, et y avaient scolarisés leurs enfants. Elles ont donc été forcées de revenir par leurs propres moyens de peur de "perdre leur emploi", insiste le collectif Réquisitions, qui appelle à une manifestation à Paris vendredi pour demander des orientations "réelles et pas une opération de communication du gouvernement".

 

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