La Nigériane Halima est hébergée dans un refuge sécurisé a Beni Walid, en Libye. Crédit : Reuters
La Nigériane Halima est hébergée dans un refuge sécurisé a Beni Walid, en Libye. Crédit : Reuters

En route vers l’Europe et aux mains de passeurs impitoyables, un couple de Nigérians s’est retrouvé séparé et maltraité en Libye. Un centre d’accueil soutenu par l'ONU et Médecins sans frontières a permis de les réunir à nouveau.

Selon l'ONU, le nombre de personnes qui tentent de traverser la Libye pour rejoindre l'Europe a encore augmenté cette année. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que plus de 500 000 migrants sont actuellement enregistrés en Libye. Beaucoup d’entre eux vivent à la merci des passeurs.

Halima William, 23 ans, a traversé le désert du Nigéria jusqu’à la Libye, avant d’être forcée à la prostitution. Son mari Mark, 27 ans, a lui aussi été détenu et maltraité. Les deux ont fini par trouver refuge dans l’un des rares centres d’accueil sécurisés de Libye, à Beni Walid, à environ 200 kilomètres au sud de Tripoli.


Un migrant soigne ses blessures dans le centre Safe House de Beni Walid, août 2021. Crédit : Reuters
Un migrant soigne ses blessures dans le centre Safe House de Beni Walid, août 2021. Crédit : Reuters


L'histoire du couple est l'un des nombreux exemples des risques auxquels sont confrontés les migrants piégés en Libye, un pays où le chaos et la violence restent omniprésents depuis la chute de Mouammar Kadhafi.

Mark a quitté le Nigeria en premier en 2016. Il été clandestinement emmené en Libye, en traversant le désert en voiture. Lorsqu'il arrive à Beni Walid, il est d’abord détenu par des hommes armés et retenu pendant sept mois contre le paiement d’une rançon qu’il finira par payer. Il trouve ensuite un travail de maçon et tente d’organiser ses retrouvailles avec Halima pour poursuivre le voyage avec elle.

>> À (re)lire : L'Europe, "complice" des violences sur les migrants en Libye, selon Amnesty

Deux ans plus tard, en 2018, Halima rejoint la Libye en empruntant le même itinéraire que son mari. Lorsqu'elle arrive à Tripoli, elle est d’abord vendue "par un ami", selon ses dires, et forcée à se prostituer. Sans téléphone libyen, elle ne trouve aucun moyen d’entrer en contact avec Mark.


Beni Walid se trouve à près de 200 km au sud de la capitale Tripoli. Crédit : Google Maps
Beni Walid se trouve à près de 200 km au sud de la capitale Tripoli. Crédit : Google Maps


Au bout de quatre mois, Halima parvient à s'échapper et à atteindre le centre d'accueil de Beni Walid, soutenu par l’ONU et MSF.

"Je l’ai serré dans mes bras, je l’ai embrassé et me suis mise à pleurer. Lui aussi pleurait", a raconté Halima à l’agence de presse Reuters.

Aujourd'hui, Halima et Mark continuent à espérer de pouvoir rejoindre l’Italie.

Le centre d'accueil fournit de la nourriture, des soins médicaux et est financé par les dons des habitants. Le centre est opérationnel depuis 2015 et accueille actuellement 12 migrants.

Son fondateur, Al-Hussein Bin Gharsa, explique qu'il voulait montrer le réel caractère bienveillant des Libyens et des citoyens de Beni Walid. "C'est une ville de générosité et d'hospitalité", assure-t-il.

 

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