Mohammed souhaite retrouver sa femme et son fils, restés en Algérie. Image d'illustration. Crédit : Picture alliance
Mohammed souhaite retrouver sa femme et son fils, restés en Algérie. Image d'illustration. Crédit : Picture alliance

Mohammed, originaire d'Algérie, vit en France depuis plus de 20 ans. Marié à une Algérienne, il cherche à la faire venir avec son fils et les deux enfants de son épouse, nés d'une précédente union. Mais les autorités françaises ont refusé sa demande de regroupement familial. L'homme de 55 ans se dit désemparé par la situation. Témoignage.

"J’ai fait ma demande de regroupement familial en mai 2019 afin de faire venir en France ma femme, ses deux enfants, de 12 et 14 ans, et notre fils de trois ans. Pendant des mois, je n’ai pas eu de nouvelles de mon dossier et en décembre de la même année, on m’a réclamé des documents supplémentaires.

J’ai envoyé les pièces demandées et, en janvier 2020, la préfecture m’a renvoyé mon dossier me disant qu’il était incomplet.

J’ai dû recommencer à zéro, et refaire une nouvelle demande. En février, j'ai donc déposé un nouveau dossier de regroupement familial. Ce n’est qu’en juillet qu’on m'a confirmé l’enregistrement de ma demande.

Pendant des mois, j’ai attendu que des agents de l’Ofii [Office français de l’immigration et de l’intégration, ndlr] viennent visiter mon logement, pour savoir s’il répondait aux critères demandés pour la réunification.

Plusieurs rendez-vous ont été annulés en raison de la pandémie de Covid-19 et finalement, en janvier 2021, l'Ofii a organisé une visite chez moi à la hâte.

"Je suis au bord de la dépression"

Ce n’est finalement qu’en juillet que j'ai reçu une lettre de la préfecture me notifiant que ma demande de regroupement familial avait été refusée. L’administration française a estimé que mon appartement de 60 m2 était trop petit pour recevoir ma famille.

Selon le règlement, je dois vivre dans un logement de minimum 52 m2 pour cinq personnes. Mais je ne savais pas que deux pièces n’étaient pas suffisant, cela n’est indiqué nulle part.

Je me sens coincé. Je suis au bord de la dépression. Je vois mon fils grandir à travers un écran d’ordinateur. Avec les restrictions de déplacement dues à la pandémie, je n’ai pas vu mon enfant depuis octobre 2019 ! C’est sinistre.

Je vis en France depuis 23 ans, j’ai toujours été respectueux des valeurs de la République, je n’ai jamais eu de problèmes. J’ai des lettres de recommandation de mon travail mais rien n’y fait. Dire que je suis déçu n’est pas assez fort pour exprimer ce que je ressens.

J’ai l’impression que les conditions d’obtention de regroupement familial se sont durcies et que l’État français ne veut pas d’étrangers sur son sol."

 

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