Des soldats polonais à la frontière avec la Biélorussie, le 1er septembre 2021. Crédit : Reuters
Des soldats polonais à la frontière avec la Biélorussie, le 1er septembre 2021. Crédit : Reuters

Les corps de quatre personnes, vraisemblablement des migrants, ont été découverts dimanche à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, ont indiqué les autorités des deux pays.

Ce sont les premiers décès recensés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie depuis l'important afflux de migrants observé dans cette zone dès le mois de juin. Dimanche 19 septembre, les corps de quatre personnes, apparemment des migrants selon les autorités des deux pays, ont été découverts dans la région frontalière.

D'après les garde-frontières polonais, les cadavres de trois exilés ont été retrouvés dans trois endroits différents à la lisière des deux États. Les Biélorusses ont dans le même temps indiqué avoir récupéré le corps sans vie d'une migrante irakienne "à un mètre de la frontière" avec la Pologne.

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Le responsable des garde-frontières biélorusses, Evguéni Omess, cité par l'agence d'État Belta, a affirmé que des "signes évidents" laissent à penser que le corps de cette femme a été "traîné" depuis le côté polonais de la frontière.

Selon l'agence, son mari a raconté que les militaires polonais les avaient conduits à la frontière côté Biélorussie, contre leur gré, pieds nus et sous la menace. Belta ajoute que cette femme a été retrouvée morte. A ses côtés se trouvaient trois enfants, un homme et une femme âgée, en relative bonne santé, tous Irakiens.

Une enquête a été ouverte en Biélorussie et des représentants du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) ont été invités à se rendre sur place.

Des milliers de migrants bloqués à la frontière

Par ailleurs, les garde-frontières polonais ont déclaré dimanche avoir passé plusieurs heures à secourir huit migrants englués dans un marécage près de la rivière Suprasl à la frontière avec la Biélorussie. "Huit migrants (cinq hommes et trois femmes) ont été sauvés, et sept d'entre eux hospitalisés", ont-ils précisé sur Twitter. Des pompiers, des secouristes et des policiers ont participé à l'opération.

La journée de samedi a été "intense", avec 324 tentatives de franchissement de la frontière, ont-ils ajouté.

Depuis plusieurs semaines, de nombreux exilés sont bloqués à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Coincés entre les garde-frontières des deux pays, qui s'en rejettent la responsabilité, ils tentent de survivre au milieu de la forêt. "Venir ici depuis la Biélorussie, c’est la mort !", avait déclaré une jeune Congolaise, en contact début septembre avec l'ONG polonaise Association for legal intervention.

Face au récent afflux migratoire et aux tensions avec son voisin biélorusse, la Pologne a introduit début septembre l'état d'urgence pendant 30 jours à sa frontière. Elle y a également dépêché 2 000 soldats et a commencé la construction d'une clôture de barbelés, pour juguler l'immigration.

D'autres migrants empruntent une route différente pour rejoindre l'Union européenne et tentent de passer depuis la Biélorussie vers la Lituanie. Dans cette région aussi, les refoulements sont légion et un mur a été érigé pour freiner les tentatives de passage. Début août, un migrant irakien est mort "dans les bras des garde-frontières biélorusses" après avoir été violemment battu à la frontière lituanienne, selon Minsk. Vilnius avait nié être à l'origine de ce décès.

 

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