Des migrants notamment irakiens et afghans se massent à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Crédit : SOPA Images/ZumaPress
Des migrants notamment irakiens et afghans se massent à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Crédit : SOPA Images/ZumaPress

De plus en plus de personnes, surtout des Irakiens, entrent irrégulièrement en Allemagne depuis la Pologne en passant par la Biélorussie. Dans la ville de Francfort-sur-l’Oder, la police locale renforce son dispositif d’accueil.

De plus en plus de migrants franchissent la frontière allemande depuis la Pologne pour demander l'asile en Allemagne. Quelque 400 personnes ont ainsi été enregistrées à la frontière germano-polonaise au cours de la première moitié du mois de septembre, soit autant que pendant tout le mois d’août, selon une nouvelle évaluation du ministère allemand de l’Intérieur, cité mercredi 22 septembre par la chaîne de télévision publique régionale rbb24.

La chaîne, qui suit ce dossier de près, rappelle ainsi que ces migrants, pour la plupart des Irakiens, sont déposés par des passeurs près de la frontière allemande et terminent le trajet à pied en empruntant des routes de campagne. Une fois à la frontière allemande, ces personnes sont prises en charge par la police et déposent leur demande d’asile.

Des migrants venus de Biélorussie

Selon le ministre de l’Intérieur, la plupart de ces migrants seraient passés par la Biélorussie, qui est actuellement accusée par plusieurs pays de l’Union européenne d’encourager le passage de migrants pour exercer une pression sur l’UE en représailles aux sanctions qui pèsent sur le régime du président Alexandre Loukachenko. La Pologne, mais aussi la Lituanie, ont ainsi renforcé leurs contrôles aux frontières.

Dimanche 19 septembre, la situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie a fait de premières victimes lorsque les corps de quatre personnes, vraisemblablement des ressortissants irakiens, ont été retrouvés du côté polonais. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) ont demandé mardi un "accès immédiat" aux frontières polonaise et lituanienne avec la Biélorussie.

>> À (re)lire : Plus de 10 000 migrants patientent à la frontière biélorusse, d'après la douane polonaise

D’après une estimation de la chaîne rbb24, le voyage entre Minsk, la capitale biélorusse, et la frontière allemande prend environ trois jours, et est ainsi bien plus rapide que la longue route migratoire des Balkans.

L'Allemagne se prépare à une hausse des arrivées à sa frontière polonaise

Le principal point de passage vers l'Allemagne est la région autour de la ville de Francfort-sur-l’Oder, une ville de 60 000 habitants qui fait face à la ville polonaise de Slubice, les deux villes étant séparées par le fleuve Oder. Récemment, certains migrants, dont un enfant de neuf ans ans, ont ainsi été vus emprunter à pied des ponts destinés uniquement au transport ferroviaire.


L'Allemagne et la Pologne sont séparées par le fleuve Oder au nord et son affluent, la Neisse, au sud. Crédit : Google Maps
L'Allemagne et la Pologne sont séparées par le fleuve Oder au nord et son affluent, la Neisse, au sud. Crédit : Google Maps

 

L’agence de presse KNA explique que la police allemande dit voir un "lien entre la situation à la frontière germano-polonaise et la situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie". 

À Francfort-sur-l’Oder, la police se prépare ainsi à voire cette hausse des arrivées se poursuivre et a installé des tentes et des toilettes sur l’un de ses terrains. Des conteneurs pouvant servir d'hébergement temporaire pendant l’hiver doivent également être mis en place.

 

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