La Pologne a construit un mur à sa frontière avec la Biélorussie pour empêcher les arrivées de migrants sur son sol. Crédit : Reuters
La Pologne a construit un mur à sa frontière avec la Biélorussie pour empêcher les arrivées de migrants sur son sol. Crédit : Reuters

Les autorités polonaises ont annoncé vendredi le décès d'un migrant à la frontière avec la Biélorussie. Dimanche dernier déjà, les corps de quatre personnes avaient été retrouvés dans cette région frontalière.

Une personne a perdu la vie à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, ont annoncé vendredi 24 septembre les autorités polonaises. Selon les garde-frontières, un groupe de migrants d'origine irakienne a été arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi à environ 500 mètres de la frontière avec la Biélorussie. "Un des hommes, bien qu'il ait été réanimé par la patrouille de secouristes, est décédé (probablement d'une crise cardiaque)", ont-ils précisé dans un communiqué.

Ce décès porte à cinq le nombre de morts dans cette zone depuis le début de l'afflux migratoire observé dans la région dès cet été. Dimanche déjà, les corps de quatre migrants avaient été retrouvés à la frontière entre les deux pays, d'après des responsables polonais et biélorusses.

Des milliers de migrants, originaires pour la plupart du Moyen-Orient, ont ces derniers mois traversé ou tenté de franchir, depuis la Biélorussie, la frontière de l'Union européenne (UE) vers la Lettonie, la Lituanie et la Pologne.

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L'UE a accusé la Biélorussie d'orchestrer l'afflux de migrants. Et ce en représailles aux sanctions qu'elle lui a imposées à la suite de la répression de l'opposition par le régime de Minsk.

Plus de 8 000 passages de frontière réussis ou déjoués en deux mois

La Pologne a envoyé des milliers de soldats à la frontière polono-biélorusse, longue de 400 kilomètres, et construit une clôture de barbelés sur une longue section. Elle a également instauré un état d'urgence local qui interdit aux journalistes et aux militants de se rendre dans la zone frontalière.

Des représentants d'organisations non gouvernementales ont indiqué jeudi rester en contact avec des migrants et avoir documenté des dizaines de refoulements, une pratique illégale qui empêche les migrants de présenter des demandes d'asile.

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En réponse, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a assuré que son pays aidait tous les migrants ayant traversé la frontière polonaise. "Nous essayons d'aider et de sauver la vie et la santé de tous les migrants illégaux qui ont traversé la frontière avec la Pologne et ont été retrouvés à temps. Nous voulons que tout le monde soit traité avec dignité", a écrit le chef du gouvernement sur Facebook.

Selon les chiffres des garde-frontières polonais, 3 500 personnes ont réussi ou tenté de franchir la frontière avec la Biélorussie en août. Pour le mois de septembre, ce chiffre s'élève pour l'instant à plus de 5 000.

 

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