Des migrants bloqués par des militaires à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, le 1er septembre 2021. Crédit : Reuters
Des migrants bloqués par des militaires à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, le 1er septembre 2021. Crédit : Reuters

La Commission européenne souhaite suspendre un accord assouplissant les conditions d'octroi de visas de court séjour pour les personnes liées au régime biélorusse, en réaction à un "acte d'agression" de Minsk. La Biélorussie est accusée d'organiser un afflux de migrants aux frontières de l'UE afin de déstabiliser les Vingt-Sept.

L'Union européenne (UE) veut répliquer à l'"acte d'agression" du régime biélorusse, accusé d'organiser un afflux de migrants aux frontières de son territoire.

"Les dernières tactiques du régime biélorusse contre l'Union européenne et nos États membres requièrent une réponse unie", a déclaré mercredi 29 septembre le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

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L'UE souhaite ainsi suspendre un accord, entré en vigueur en juillet 2020, qui assouplit les conditions d'octroi de visas de court séjour pour les personnes liées au régime biélorusse.

La Commission a précisé que la suspension partielle de cet accord "ne va pas affecter les citoyens ordinaires de Biélorussie, qui continueront à bénéficier des mêmes avantages". Seront concernés les représentants des délégations officielles, les membres des gouvernements et Parlements nationaux et régionaux ainsi que des cours suprême et constitutionnelle "dans l'exercice de leurs fonctions".

La mesure, qui sera soumise au Vingt-Sept, s'ajoute aux interdictions de séjour dans l'UE qui visent 166 individus, dont le président Alexandre Loukachenko, décidées en réponse à la répression de l'opposition dans ce pays.

Minsk accusé de vouloir "déstabiliser l'Union européenne"

Plusieurs milliers de migrants ont franchi la frontière entre la Biélorussie et l'Union européenne, en Lituanie, en Lettonie et en Pologne, ces derniers mois, mettant à mal ces pays peu habitués à un tel afflux de migrants. 

Pour empêcher toute arrivée sur leur sol, ces États ont pris des mesures drastiques. La Pologne et la Lettonie ont instauré un état d'urgence dans leurs régions frontalières de la Biélorussie, rendant la zone inaccessible aux ONG et aux journalistes.

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Ces deux pays, ainsi que la Lituanie, ont également entrepris la construction d'une clôture de barbelés à leurs frontières. La Pologne, qui a déployé près de 1 500 soldats en appui des garde-frontières, est par ailleurs accusée par plusieurs ONG et organisations internationales de pratiquer des refoulements illégaux, empêchant les exilés de présenter des demandes d'asile et les forçant à revenir en Biélorussie.

L'UE soupçonne le régime de Minsk d'agir en représailles aux sanctions européennes. Pour la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson, Minsk tente de "déstabiliser l'Union européenne" et de "faciliter une nouvelle forme de trafic" d'être humains, rappelant qu'au moins six migrants sont morts à la frontière entre la Biélorussie et l'UE depuis l'afflux de migrants observé dans cette zone dès cet été.

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La majorité des migrants qui ont été "plus ou moins poussés vers l'Union européenne par le régime biélorusse sont des Irakiens", a-t-elle ajouté, mais certains sont également originaires du Cameroun, du Bangladesh et d'Afghanistan.

Selon Ylva Johansson, Alexandre Loukachenko est "probablement en train de se tourner vers d'autres pays" pour "instrumentaliser" les migrants, après la suspension des vols directs entre Bagdad et Minsk et le rapatriement par l'Irak de migrants bloqués à la frontière avec l'UE.

 

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