Depuis le 1er janvier, plus de 25 000 personnes ont été interceptées par les garde-côtes libyens. Crédit : OIM
Depuis le 1er janvier, plus de 25 000 personnes ont été interceptées par les garde-côtes libyens. Crédit : OIM

Ce week-end, les autorités libyennes ont intercepté plusieurs embarcations en partance pour l'Europe. Près de 650 exilés ont été ramenés en Libye, mais 40 personnes sont toujours portées disparues, et deux sont mortes en mer.

Les tentatives de traversées depuis la Libye ne désemplissent pas en Méditerranée centrale. Ce week-end, les autorités libyennes ont intercepté près de 650 personnes qui tentaient de rejoindre l’Europe.

Dimanche matin, une première embarcation en bois avec environ 500 personnes à bord a été ramenée à terre, dans une raffinerie de pétrole de Zawiya, "point de départ majeur pour les migrants", selon l’Agence des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR). Des Soudanais, des Somaliens, des Bengalis et des Syriens font partie des passagers.

Plus tard dans la journée, les garde-côtes libyens ont intercepté en mer 56 personnes, dont trois enfants, après l’éclatement de leur bateau pneumatique. D’après le HCR, les rescapés ont d’abord été emmenés au port de Tripoli, puis "probablement dans un centre de détention, comme le font généralement les autorités libyennes".


La veille, 89 migrants, dont huit femmes et trois enfants, avaient déjà été renvoyés à Tripoli. Les garde-côtes ont également récupéré les corps de deux migrants, tandis que 40 autres sont toujours portés disparus en mer, a indiqué l'agence.

Un autre groupe d’exilés, composé de 70 personnes et porté disparu depuis quatre jours, a finalement été secouru par un ravitailleur italien. "Nous savons qu’ils vont bien", a indiqué Alarm Phone sur son compte Twitter, qui appelle à les faire débarquer sur la terre ferme. "Un sauvetage n’est complet qu’après un débarquement dans un port en sécurité, amenez-les en Italie", exhorte l’ONG.


Parti mardi 28 septembre de Khoms, le groupe avait appelé à l’aide à de nombreuses reprises. "Lorsque nous avons perdu leur contact, [les passagers] se trouvaient dans la zone de recherche et de secours de Malte, à 11 milles (20 km) des eaux italiennes, mais il n’y avait aucune trace de leur sauvetage ou de leur arrivée. Les autorités sont restées muettes", regrette-t-elle.

Plus de 25 000 personnes ramenées en Libye

Depuis 2011 et la chute du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue un des points de transit les plus importants pour les exilés fuyant la guerre et la pauvreté en Afrique et au Moyen-Orient. Une situation qui a enrichi, parallèlement, les trafiquants de migrants dans le pays. Ces derniers. "embarquent les exilés désespérés dans des canots pneumatiques mal équipés pour des voyages risqués, sur la périlleuse route de la Méditerranée centrale", déplore le HCR.

Cette année, les traversées sont particulièrement nombreuses. D'après l'agence onusienne, quelque 44 000 personnes ont atteint les côtes européennes depuis la Tunisie et la Libye en 2021. Mais selon un bilan de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 1 369 personnes sont mortes en Méditerranée depuis le début de l’année en tentant de rejoindre l’Europe.

>> À (re)lire : Libye : 18 migrants meurent noyés après le naufrage de leur embarcation

Au 25 septembre, plus de 25 000 personnes avaient par ailleurs été interceptées par les garde-côtes libyens, formés et équipés par l'UE, et ramenées en Libye, d’après l'OIM. Souvent emmenées, après leur interception, dans des centres de détention, elles sont ensuite à la merci des gardes libyens.

Beaucoup se retrouvent bloquées dans ces prisons décrites par les exilés comme un "véritable enfer". "Plusieurs personnes ont été battues à mort sous mes yeux, avait raconté à InfoMigrants Ibrahim, un migrant sénégalais. Les corps sont ensuite enterrés dans le désert. J’ai moi-même été obligé de le faire, sous la menace d’armes. Si tu ne fais pas ce qu’ils disent, ils te tuent".

 

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