Des jeunes à Calais, le 1er juin 2017. Crédit : Reuters
Des jeunes à Calais, le 1er juin 2017. Crédit : Reuters

Médecins sans Frontières devrait lancer au mois de juin une plateforme d’hébergement citoyen pour aider les "mineurs dans l’impasse" à trouver un foyer temporaire en France.

Trouver 3 000 familles d’accueil partout en France. Voici l’objectif de l’ONG Médecins sans frontières (MSF) qui souhaite lancer au mois de juin, un réseau d’hébergement citoyen destiné au jeune public migrant. "Nous devions faire quelque chose pour accueillir les jeunes étrangers qui sont dans l’impasse", explique Corinne Torre, chef de mission France chez MSF. Contrairement aux mineurs étrangers reconnus par l’État français et pris en charge par l'Aide sociale à l’enfance (ASE), il existe des jeunes "qui, par exemple, sont en attente d’une décision de justice, qui ont été déboutés de la reconnaissance de leur minorité et qui ont fait appel".

"Nous nous occupons donc de ceux-là, de ceux que l’État ne met pas à l’abri", précise Corinne Torre. Pour MSF, en effet, ces jeunes migrants doivent pouvoir bénéficier d’un refuge en attendant l’instruction de leur dossier "qui peut prendre jusqu’à 14 mois". Pendant ce laps de temps, tous "doivent être traités comme des mineurs" tant qu’ils n’ont pas épuisé les recours pour obtenir la reconnaissance de leur statut. 

Côté loi, pas de problème, assure MSF. "Les jeunes qui seront hébergés chez l’habitant ne sont pas en situation irrégulière" sur le territoire français. En effet, contrairement à ce qu’on pourrait croire, une personne dans l’attente de son statut (reconnaissance de minorité, statut de réfugié…) est en situation régulière. Il est en possession d’un récépissé lui permettant de circuler librement sur le territoire en attendant l’instruction de son dossier. "Jusqu’au terme de leur procédure judiciaire, ils ne sont pas expulsables", ajoute Corinne Torre. Les hébergeurs ne risquent donc rien.

Un centre d’accueil de jour bientôt ouvert pour les mineurs étrangers

Pour l’heure, près de "500 familles", ont déjà été sélectionnées par MSF et Utopia 56, une association d’aide aux migrants partenaire du projet. "Je ne peux pas encore vous dire exactement où sont ces familles mais beaucoup viennent de Bretagne et du Sud-ouest", confie Corinne Torre.

Ce type d’initiative n’est pas nouveau. L’association Singa, par exemple, propose déjà une plateforme d’hébergement citoyen, mais elle ne concerne que les étrangers majeurs ayant obtenu le statut de réfugié.  

En parallèle de ce projet, Médecins sans frontières devrait ouvrir en septembre un centre d'accueil de jour pour ces même jeunes migrants isolés à Paris.

>> À lire : Qu'est-ce que le statut de mineurs isolés?  

Pour rappel, une personne est en situation irrégulière, quand elle n’a pas été à la préfecture pour déposer sa demande d’asile. Et qu’elle n’est donc pas en possession d’un récépissé lui permettant de circuler librement. La dénomination concerne aussi les "dublinés", les migrants dont les empreintes ont été enregistrées dans un autre pays de l’espace Schengen et qui ne peuvent pas prétendre à l’asile en France, selon les accords de Dublin. Ils sont illégalement présents sur le territoire jusqu’à leur transfert vers l'État membre responsable de l'instruction de leur demande. La mention « situation irrégulière » concerne enfin toute personne sous le coup d’une expulsion du territoire français (OQTF).

 

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