Le nouveau camp fermé de l'île de Samos photographié en septembre 2021. Crédit : MSF
Le nouveau camp fermé de l'île de Samos photographié en septembre 2021. Crédit : MSF

Les fortes pluies tombées récemment sur la Grèce ont partiellement inondé le nouveau camp de l'île de Samos, inauguré en septembre. Les migrants se sont plaints d'avoir subi des fuites d'eau dans les containers qui leur servent d'habitations. La structure, intégralement financée par l’Union européenne, a été présentée comme un "modèle" pour la construction des futurs camps dans le pays.

Il est présenté comme le camp modèle de l’Europe. Plus confortable et plus sûr que les précédents hotspots. Mais le nouveau camp fermé de Samos, le premier des 5 "Multi-purpose reception and identification centre" (Centres polyvalents de réception et d’identification. MPRICs, selon l’acronyme du terme anglais) prévus sur les îles de la mer Égée, a pris l’eau la semaine dernière.

La tempête Ballos qui a touché la Grèce à partir du 14 octobre, provoquant notamment des inondations, n'a pas épargné l'île de Samos. Des associations et ONG ont posté sur les réseaux sociaux des images du camp sous l'eau.

"Fenêtres pas étanches"

Un membre du collectif d'ONG Samos Advocacy Collective a rapporté à InfoMigrants que plusieurs résidents avaient subi des fuites d'eau dans les containers qui leur servent d'habitations.

"Un résident nous a dit que de l'eau coulait de son toit et qu'il avait dû mettre un seau sur le sol pour collecter l'eau. Un autre nous a dit que les fenêtres de son container n'étaient pas entourées de silicone et n'étaient donc pas étanches. Cette personne nous a dit que de l'eau entrait à la fois par le haut de la porte mais aussi par le bas car l'eau est montée à l'extérieur et les containers ne sont pas très hauts", a détaillé cette source souhaitant restée anonyme.

Il a également exprimé son inquiétude face aux conséquences que pourraient avoir sur le camp les fortes pluies prévues cet hiver.

"Le camp a été construit au fond d'une vallée donc l'eau ruisselle depuis les hauteurs", s'inquiète cette source de Samos Advocacy Collective qui assure que "l'île de Samos est bien connue pour être régulièrement exposée à de fortes pluies".

"Cela fait un an que je vis ici. La tempête de la semaine dernière ne m'a pas paru particulièrement violente par rapport à celles que l'on observe l'hiver, qui sont aussi fortes et souvent plus longues."

Camp fermé

Le nouveau camp de Samos a été inauguré en grande pompe le 18 septembre. Censé garantir aux demandeurs d’asile de meilleures conditions de vie, il est toutefois critiqué par les organisations de défense des droits des exilés qui dénoncent une politique d’enfermement des demandeurs d’asile entravant leur intégration dans le pays.

Les demandeurs d'asile qui vivent dans cette nouvelle structure ne peuvent sortir que de 8 heures à 20 heures et sont contraints de présenter leurs empreintes digitales et un badge électronique au portail magnétique à l'entrée.

>> À lire : En Grèce, la stratégie d'enfermement des migrants prend de l'ampleur

Ce camp a remplacé l'ancien camp surpeuplé et sordide, situé près du port de Vathy. La Grèce s'est engagée à construire d'autres camps "fermés" comme celui de Samos, grâce à des fonds européens, sur quatre autres îles de la mer Égée.

La Commission européenne avait annoncé, en mars, vouloir allouer 276 millions d’euros à la construction de nouveaux hotspots sur les îles grecques de la mer Égée. Le camp de Samos a, lui, coûté 43 millions d’euros, selon le ministère grec des Migrations. 

 

Et aussi