La police inspecte, le 19 octobre 2021, la fourgonnette dans laquelle ont été retrouvées 30 personnes, dont deux étaient décédées, à Siegendorf, en Autriche, près de la frontière hongroise. Crédit : Picture alliance
La police inspecte, le 19 octobre 2021, la fourgonnette dans laquelle ont été retrouvées 30 personnes, dont deux étaient décédées, à Siegendorf, en Autriche, près de la frontière hongroise. Crédit : Picture alliance

Deux personnes ont été retrouvées, mardi, sans vie dans une fourgonnette interceptée en Autriche, à la frontière avec la Hongrie. Vingt-six autres exilés se trouvaient dans le véhicule. Le conducteur a pris la fuite.

Les traversées de frontières en camion se poursuivent. Mardi 19 octobre, deux personnes ont été retrouvées sans vie dans une fourgonnette interceptée en Autriche, au niveau de la frontière hongroise. Des militaires ont trouvé suspect le véhicule en provenance de Hongrie et ont découvert 30 personnes à l’intérieur, dont les deux personnes décédées.

Les survivants - tous des hommes, originaires de Syrie - se sont vus distribuer de l’eau. Le chauffeur du véhicule, lui, a pris la fuite. Il est actuellement recherché.

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La cause précise de la mort des deux hommes, âgés d’une vingtaine d’années, n’a pas encore été formellement établie. Elle devrait être confirmée par une autopsie, a déclaré un porte-parole de la police à la radio locale ORF Burgenland. La police utilise des hélicoptères, des drones et des chiens pour rechercher le conducteur présumé, a-t-il ajouté, selon la BBC.

"Cet acte terrible montre clairement une chose : la mort d'une ou plusieurs personnes est délibérément acceptée par les trafiquants", a déclaré le ministre autrichien conservateur de l'Intérieur Karl Nehammer.

L'Autriche, qui a constaté un afflux de migrants à ses frontières de l'est et du sud, a renforcé ses contrôles en juillet dernier. Deux-cent cinquante passeurs ont été arrêtés depuis le début de l'année, selon la police.

Drame similaire en 2015

L'est du pays avait déjà été le théâtre d'un drame similaire il y a quelques années. Le 27 août 2015, 71 migrants originaires de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, dont trois enfants et un bébé, avaient péri par suffocation dans le compartiment étanche d'une camionnette, où ils avaient été cachés par les passeurs.

Les victimes avaient été découvertes en Autriche, mais leur mort était survenue alors que les exilés se trouvaient encore de l'autre côté de la frontière. Quatre ans plus tard, en 2019, la justice hongroise a condamné leurs passeurs à des peines de prison à perpétuité.

L'émotion suscitée avait favorisé l'ouverture momentanée des frontières aux centaines de milliers de personnes désireuses de rejoindre l'ouest de l'Europe, au début de la vague migratoire de 2015-2016. 

Hans Peter Doskozil, gouverneur de la région du Burgenland, dans l'est de l'Autriche, a déclaré aux médias locaux que le parallèle entre cette nouvelle affaire et les décès de 2015 était "effrayant". L'incident de mardi a montré "la brutalité et l'inhumanité du trafic organisé d'êtres humains" et a appelé à une réforme des processus d'asile à l'échelle européenne, a-t-il ajouté, lui aussi cité par la BBC.

 

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