Le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer. Crédit : Picture alliance
Le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer. Crédit : Picture alliance

Le ministre allemand de l’Intérieur a également assuré qu’il n’était pas question de fermer la frontière entre la Pologne et l’Allemagne.

Lors d'une conférence de presse consacrée aux questions migratoires cette semaine à Berlin, le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer a écarté l’idée de fermer les 400 kilomètres de frontière commune avec la Pologne, malgré l’augmentation du nombre de migrants partant de la Biélorussie afin de rejoindre l’Allemagne. 

Après avoir traversé la Pologne, de nombreuses personnes, notamment originaires du Moyen-Orient et d’Afrique du nord, arrivent à la frontière allemande, où la police locale se dit débordée. Selon les autorités allemandes, plus de 4 300 migrants ont débarqué dans le pays depuis le début de l’année, avec une accélération des arrivées ces derniers mois.

Pour mener davantage de contrôles, Berlin a proposé à Varsovie de renforcer des patrouilles conjointes.

En revanche, la fermeture de la frontière serait selon Horst Seehofer "légalement questionnable", ajoutant que Varsovie avait déjà pris "des initiatives très fortes" pour tenter d’empêcher l’entrée sur son propre territoire de migrants en provenance de Biélorussie.

Quelque 6 000 soldats polonais ont ainsi été déployés le long de la frontière. La construction d’un mur a également reçu le feu vert du Parlement polonais la semaine dernière. Dans le même temps, de nombreuses ONG dénoncent des refoulements violents et illégaux.

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C’est le cas de l’organisation de défense des migrants allemande Pro Asyl. Pour Karl Kopp, qui dirige l’antenne européenne de l’ONG, "la convention de Genève est devenue inexistante en Pologne et donc aux frontières extérieures de l’Union européenne". Dans une interview à la Rheinische Post, il a affirmé que "les dictateurs gagnent aussi quand des États de droit en arrivent à bafouer la Convention sur les droits des réfugiés".


La Pologne veut construire un mur le long de sa frontière avec la Biélorussie. Crédit : Google Maps
La Pologne veut construire un mur le long de sa frontière avec la Biélorussie. Crédit : Google Maps


Horst Seehofer a également annoncé des efforts supplémentaires pour empêcher les liaisons aériennes transportant des migrants vers la Biélorussie. L’Irak aurait déjà donné son accord pour mettre fin à ces vols d’ici la fin de l’année. Le ministre allemande a néanmoins rappelé que ce phénomène continuait à s’étendre, puisque la Biélorussie a allongé la liste de pays exemptés de visas d’entrée sur son territoire. C’est désormais le cas pour l’Iran, le Pakistan, l’Afrique du Sud, l’Egypte et la Jordanie.

Horst Seehofer souhaite des "sanctions importantes au niveau européen" contre les compagnies aériennes et entreprises qui "soutiennent l’instrumentalisation de la migration irrégulière menée par le régime biélorusse."

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Berlin estime toutefois que le cœur du problème ne serait pas la Biélorussie. "La clé de la solution à ce problème se trouve à Moscou", dont Minsk est économiquement dépendant, assure le ministre. Pour de nombreux experts, cette crise est dans l'intérêt de Moscou car elle représente une opportunité de déstabiliser l'Union européenne.

De son côté, l’un des leaders du FDP, le parti libéral qui devrait faire partie du prochain gouvernement allemand, a rappelé que malgré les responsabilités de la Biélorussie et de la Russie, la Pologne reste techniquement responsable du sort des migrants entrant sur son territoire dans le cadre du règlement de Dublin.

Celui-ci prévoit que le pays par lequel une personne est entrée dans l’UE est responsable du traitement de sa demande d’asile. Pour Alexander Graf Lambsdorff, "il est clair que sous le règlement de Dublin, la Pologne est en charge de ceux qui arrivent en Allemagne par la Pologne. Nous sommes entrain de renvoyer des personnes en Pologne pour que les autorités polonaises s’en occupent."

Source : dw.com

 

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