Crédit : ANSA
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Selon le chef de l’opération européenne anti-passeurs Sophia, le trafic d’êtres humains qui sévit actuellement en Libye devrait être reconnu comme un crime contre l’humanité.

Extorsions, tortures, viols, meurtres… Les exactions commises en Libye contre les migrants rêvant d’Europe ont conduit l'amiral Enrico Credendino, chef de l'opération navale européenne anti-passeurs Sophia (Euronavfor Med) à s’exprimer sur le sujet. "Le trafic de migrants tel qu'il a lieu en Libye devrait être reconnu comme un crime international, un crime contre l'humanité", a-t-il déclaré.

"Il y a eu plus de 5 000 morts en Méditerranée l'an dernier, et nous ne savons rien sur le Sahara mais nous pouvons considérer que c'est au moins le même chiffre, si ce n'est plus", a déclaré pour sa part Robert Crepinko, chef de l'unité de lutte contre le trafic de migrants à Europol.

La reconnaissance de "crimes contre l’humanité" en Libye obligerait les pays africains à agir. Avant d'être éventuellement présentée à l'ONU, cette proposition devait faire partie des sujets de discussion de la réunion organisée jeudi 8 et vendredi 9 juin à Rome par Euronavfor Med. Ce sommet doit également permettre de discuter des moyens mis en œuvre pour une meilleure coordination entre les acteurs engagés en Méditerranée (gardes-côtes, policiers, humanitaires….).

"Tant qu'il y aura des migrants en mer, il faudra aller les chercher"

L'amiral Credendino a salué le travail "fondamental" des ONG en Méditerranée : "Tant qu'il y aura des migrants en mer, il faudra aller les chercher. Et je ne suis pas convaincu que la présence des ONG constitue un facteur incitatif" aux tentatives de traversées. De nombreux navires humanitaires comme l’Aquarius sont accusés - notamment par l’agence européenne Frontex et par un procureur de Catane - de créer un appel d’air en allant secourir ces hommes et femmes en mer.

"Pour être efficaces, il faut combattre les passeurs", pas les migrants, souligne encore l’amiral italien, Enrico Credendino.

Pour cela, l'opération Sophia va accélérer son programme de formation des gardes-côtes libyens. Près de 130 l'ont déjà été en mer, à Malte et en Grèce, et des cessions vont être engagés en Italie et en Espagne pour en former encore "au moins un millier" dans les 12 prochains mois.

 

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