La filière vietnamienne d'immigration clandestine vise à faire passer des personnes au Royaume-Uni. Crédit : Reuters
La filière vietnamienne d'immigration clandestine vise à faire passer des personnes au Royaume-Uni. Crédit : Reuters

La procureure de la République de Lille a annoncé, jeudi, la mise en examen de sept personnes impliquées dans une filière vietnamienne d’immigration clandestine. Les trois "principaux organisateurs" ont été placés en détention provisoire.

C’est un important coup de filet. Sept personnes impliquées dans une filière vietnamienne d’immigration clandestine ont été mises en examen, a annoncé, jeudi 21 octobre, la procureure de la République de Lille, Carole Étienne, dans un communiqué.

La magistrate a précisé que trois personnes considérées comme les "principaux organisateurs", ont été placées en détention provisoire et les quatre autres sous contrôle judiciaire, le 15 octobre.

>> À (ré)écouter : Trafic d’êtres humains : le cas de la filière vietnamienne

Ils sont soupçonnés de "traite d'êtres humains", "emploi d'étranger non muni d'une autorisation de travail" et d'"aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'étrangers", le tout en bande organisée.

Les sept suspects avaient été arrêtés le 12 octobre avec trois autres personnes, dans le cadre d'une enquête de la Juridiction interrégionale spécialisée de Lille (JIRS).

"Deux camions frigorifiques avaient été repérés à Coquelles, en direction du tunnel sous la Manche, avec une quarantaine de Vietnamiens cachés à bord", rapporte France bleu Nord. Selon la procureure, "un premier camion a été intercepté à l'entrée du tunnel avec 17 migrants dissimulés à l'arrière". "Le second chauffeur a abandonné son projet et déposé une vingtaine de migrants sur une aire d'autoroute", ajoute la radio locale, précisant que les exilés ont été "récupérés par un taxi parisien".

Travail en région parisienne

L'enquête a également révélé que les organisateurs du réseau hébergeaient en région parisienne des migrants vietnamiens "ayant transité par voie aérienne dans différents pays d'Europe de l'Est" avant d'entrer en France par la route.

Les migrants travaillaient alors dans le secteur du bâtiment ou dans des commerces jusqu'à ce qu'ils aient réuni la somme nécessaire pour payer leur passage en Angleterre.

Les migrants devaient débourser une somme allant de 8 000 à 10 000 euros par personne pour leur passage, précise France bleu Nord, citant la procureure de Lille.

Plusieurs procès en 2020

En octobre 2019, les corps sans vie de 39 migrants vietnamiens avaient été découverts à bord d'une remorque dans la zone industrielle de Grays, à l'est de Londres. L'enquête a établi que les migrants avaient été pris en charge dans le nord de la France et avaient transité par le port belge de Zeebruges. Les victimes étaient mortes d'asphyxie et d'hyperthermie, en raison de la chaleur et du manque d'oxygène dans l'espace clos du conteneur.

Des enquêtes ont été ouvertes en France, en Belgique, au Royaume-Uni et au Vietnam, où un procès s'est tenu en 2020 aboutissant à la condamnation de deux figures clés du trafic.

>> À (re)lire : Démantèlement d'un réseau de trafiquants de cannabis qui exploitait des migrants vietnamiens

Selon les autorités municipales de Grande-Synthe, où des migrants vietnamiens avaient vécu en mai dernier, les personnes de cette nationalité affluent de manière récurrente sur le littoral français, dans l'espoir de gagner l'Angleterre. Des filières organisées les font d'abord passer par avion jusqu'à Moscou, avant un acheminement par voies terrestres.

 

Et aussi