Le Sea Watch 3 a secouru plus de 400 migrants lors de sept opérations de sauvetage, les 17 et 18 octobre 2021. Crédit : Sea-Watch
Le Sea Watch 3 a secouru plus de 400 migrants lors de sept opérations de sauvetage, les 17 et 18 octobre 2021. Crédit : Sea-Watch

Le Sea Watch 3, de l'ONG allemande éponyme, a annoncé, vendredi, avoir reçu l'autorisation d'accoster en Sicile. Les 406 migrants secourus quelques jours plus tôt, au large de la Libye, par le navire humanitaire vont pouvoir débarquer dans le port de Pozzallo. De son côté, l'Aita Mari, avec ses 105 exilés à bord, attend toujours l'attribution d'un port sûr.

"Après des jours d’attente, les autorités italiennes nous ont assigné Pozzallo comme port de débarquement". Dans un tweet, Sea-Watch a annoncé, vendredi 22 octobre, avoir reçu l’autorisation de débarquer les 406 migrants secourus quelques jours plus tôt en Méditerranée par son navire humanitaire, le Sea Watch 3.

Si l’ONG allemande se dit "heureuse", elle dénonce néanmoins "les retards de débarquement" alors que les humanitaires réclamaient depuis des jours un port sûr. "Les personnes sauvées de la détresse en mer ont le droit d’être immédiatement emmenées dans un lieu sûr, qui ne peut être qu’en Europe", insiste Sea-Watch.

À bord du Sea Watch 3, la situation commençait à "empirer" et le temps se "dégradait", avait alerté l’ONG, jeudi. Six femmes ont été évacuées par les garde-côtes italiens et emmenées dans le pays pour des soins médicaux ces derniers jours. Trois présentaient d’importantes brûlures sur le corps causées par le carburant de l’embarcation mêlé à l'eau de mer, les deux autres, dont l’une accompagnée de sa sœur, étaient à un stade avancé de leur grossesse.

Le navire a porté assistance le 17 et le 18 octobre à plus de 400 personnes, dont de nombreux enfants, lors de sept opérations de sauvetage.

L'Aita Mari toujours a la recherche d'un port sûr

Un autre navire de sauvetage, l’Aita Mari, du collectif espagnol Maydayterraneo, est, quant à lui, toujours dans l’attente d’un port sûr. L’équipage a secouru 105 migrants en détresse au sud de l’île italienne de Lampedusa, le 19 octobre. Leur embarcation "était à la dérive depuis quatre jours et leur moteur ne fonctionnait plus", avait alors indiqué le collectif. Les militants réclament un lieu de débarquement et accuse "l’UE, Malte et l’Italie" de ne pas "respecter les lois internationales".

Le voilier Nadir, de l’ONG ResQ, a, de son côté, débarqué, le 19 octobre, les 34 personnes secourues la veille au large des côtes maltaises. Le bateau de petite taille, normalement prévu uniquement pour des missions de surveillance, avait demandé aux autorités maltaises et italiennes de prendre en charge les naufragés. Mais les deux pays "ont refusé d’envoyer un navire pour amener les gens dans un port sûr" et le Nadir a dû débarquer les naufragés par ses propres moyens à Lampedusa.

À la date du 22 octobre, aucun navire humanitaire ne patrouille au large des côtes libyennes.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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