Un groupe d'exilés à Calais, en mars 2020. Image d'illustration. Crédit : EPA
Un groupe d'exilés à Calais, en mars 2020. Image d'illustration. Crédit : EPA

Un jeune homme est mort, jeudi, à l’hôpital de Calais après avoir été gravement blessé dans une zone de stationnement des poids-lourds, possiblement en tentant de grimper dans un camion pour l'Angleterre, selon le procureur de la République de Boulogne-sur-mer.

C’est le 305e mort à Calais "depuis le début de l'exode migratoire vers l'Angleterre". Jeudi, un jeune homme est mort à l’hôpital de Calais, quelques heures après avoir été grièvement blessé dans une zone de stationnement des poids-lourds, a indiqué, vendredi 22 octobre, le procureur de la République de Boulogne-sur-mer, Guirec Le Bras. L’information avait été donnée par La Voix du Nord.

Le procureur a indiqué ne pas avoir "d'éléments d'identification" sur la victime, outre son sexe. "Il a été découvert blessé à l'occasion d'une patrouille de police", jeudi matin vers 7 heures au niveau d'un rond point, dans cette zone d'activités où stationnent les poids-lourds en partance pour l'Angleterre, a-t-il précisé. La jeune victime était sans doute en train de tenter de grimper dans un camion pour l'Angleterre lorsqu’il a été blessé.

"Un attroupement de migrants était formé autour de lui", a ajouté le procureur. "La cause exacte du décès n'est pour l'instant pas déterminée, mais la zone est connue pour être un lieu où les migrants cherchent à entrer dans les camions", a-t-il poursuivi.

Selon les associations Salam et L'Auberge des migrants, citées par La Voix du Nord, le jeune homme aurait été percuté par un camion.

Le jeune homme est décédé vers 16 heures à l’hôpital. Une enquête a été ouverte en "recherche des causes de la mort", et "une autopsie et des investigations" seront menées pour éclairer les circonstances du drame.

Rassemblement vendredi

Le dernier mort à Calais remonte à la fin du mois de septembre. Un jeune Soudanais était décédé à Marck (Pas-de-Calais), près de Calais, en tentant de monter dans un semi-remorque au petit matin.

Vendredi, quelque 200 personnes se sont rassemblées en fin de journée devant un jardin public, en hommage au jeune homme décédé jeudi.


Parmi elles, des représentants d'associations comme l'Auberge des migrants, Salam ou le Secours catholique, et de nombreux migrants.

Les manifestants portaient notamment une bougie et une banderole, appelant à se souvenir des "305 exilés décédés" dans la zone "depuis le début de l'exode migratoire vers l'Angleterre".

Les associations présentes à Calais et Grande-Synthe dénoncent régulièrement les atteintes aux droits des personnes alors que les campements sont évacués quasiment toutes les 48 heures et que les exilés voient leurs affaires confisquées.

Grève de la faim

Un prêtre et deux militants associatifs sont eux en grève de la faim depuis deux semaines, à Calais, pour réclamer notamment l'arrêt des démantèlements de campements à l'approche de l'hiver.

Une pétition a également été lancée en soutien à leur action. Plus de 22 000 personnes l'avaient déjà signée, lundi.

De son côté, la préfecture a organisé une rencontre, vendredi soir, avec les associations pour évoquer l'action de l'État, mais plusieurs responsables ont décidé de ne pas s'y rendre, suite à ce drame.

>> À (re)lire : "Infliger la détresse" : Human Rights Watch dénonce la stratégie de l'État à Calais

Regrettant leur absence, le préfet a annoncé lors d'un point presse la mise en place de réunions mensuelles avec les associations, et un nouveau protocole de restitution des affaires perdues lors des évacuations.

Ces effets personnels seront confiés à une entreprise de réinsertion afin d'être nettoyés, puis seront restitués dans des hangars de la zone industrielle des dunes. 

 

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